Une initiative Printemps de la psychiatrie prend forme : des débats ont lieu, des textes paraissent. Parmi ceux-ci la contribution ci dessous.
« Se former à la rencontre, du protocole à l’être avec »
(...) « L’être avec » indique donc une pluralité de registres : l’être qui ne se définit pas si facilement, l’avec qui est quelque peu différent dans une thérapie analytique apparemment à deux mais où il s’agit de créer du trois, et le fond, le Gründ sur lequel cette rencontre peut avoir lieu.
Dès lors que nous nommons le Gründ, il s’agit d’un registre préalable à celui du transfert et de l’inconscient freudien, registre de la phénoménologie qui fut la base d’appui philosophico-esthétique des psychiatres du début du 20° siècle, approche aujourd’hui quasiment refoulée en France. Mais Oury nous rappelle dans le début de son séminaire sur les symptômes primaires de la schizophrénie l’importance de cette base pour lui, Tosquelles et la plupart des thérapeutes de psychotiques. A condition d’y articuler la dimension du transfert, ce qui n’a plus rien d’évident de nos jours. Le transfert étant récusé par la « psychiatrie fondamentaliste », concept trop freudien pour être toléré, rejeté vers sa « maison de tolérance » que serait la psychanalyse. Mais comme nous ne sommes plus à une absurdité près, l’analyse serait tout juste bonne » pour « les bleus de l’âme », et « ne faisant plus partie du socle d’enseignement du psychiatre ». Je ne me lasse pas de cette citation du Professeur qui dirige la psychiatrie universitaire de Reims et nous a d’entrée de jeuexcommuniés ! (...)