« De quoi la méditerranée est-elle le théâtre ? La « mer du milieu » a vu ces dernières années se développer une entreprise de dissuasion colossale envers les migrants, générant une augmentation drastique du nombre de morts parmi celles et ceux qui en tentent la traversée et entraînant par là même la défaillance de l’Europe des droits humains »
En introduction, « Dérive des frontières, naufrage de l’Europe », les auteurs et autrices abordent, entre autres, les nouvelles forme d’ingénierie du contrôle, la transformation des dynamiques spatiales de la frontière – « dans un double mouvement d’élargissement et de concentration » – et sa dilution temporelle, les entreprises de déshumanisation/ré-humanisation, et les nouvelles formes de résistance.
Qu’en est-il des frontières, de l’Europe, de la Méditerranée ? « L’objectif d’une étude critique de la frontière en Méditerranée est donc de traquer ses multiples configurations et lieux de fixation, des lieux privilégiés de territorialisation d’observation du dispositif frontalier de l’UE, des lieux de concentration de la frontière : des camps, des prisons, des îles, des villes, des enclaves, des aéroports et aux lieux génériques »
Elargissement de l’espace de la frontière, notion de borderzone, « on ne passe plus à travers, on vit dans la frontière ». Et pour les migrant·es il y a un allongement de l’expérience du franchissement de ces frontières « tout à la fois solide et liquide ». (...)
En conclusion, les auteurs et autrices interrogent « Une mer fermée ? ». L’Aquarius, « Du point de vue des migrants ballotés au gré des vents contraires, l’errance des bateaux à laquelle on assiste depuis le mois de juin n’est ainsi que l’ultime épisode d’une longue dérive des politiques migratoires ». (...)