(...) Le discours du 13 novembre appelle une violence froide et résolue à l’égard de tous les déshérités, une violence qui s’exercera sans état d’âme car imprégnée de bons sentiments. Ce programme de reniement sera appliqué avec d‘autant plus d’empressement et de constance par cette équipe que les socio-libéraux n’ont jamais eu finalement pour autre objectif que de gouverner en austérité afin de donner des gages d’orthodoxie libérale à la place financière. Une force froide est désormais incarnée à l’Elysée.
Ce Président s’est définitivement échappé du champ de pesanteur populaire, il a remisé son enveloppe bonhomme pour endosser les habits du souverain omnipotent. Enfermé dans sa bulle élyséenne, il sera de plus en plus étranger à toute réalité sociale et écologique. Six mois se sont écoulés depuis la défaite de Sarkozy et la droite peut savourer sa victoire idéologique tout en donnant dans la surenchère, surenchère qui permet encore à ce gouvernement de se réclamer d’un genre qu’il a déserté depuis longtemps. Il faudra bien un jour revisiter le vocabulaire appliqué aux forces politiques si nous ne voulons pas que toute contestation, toute opposition à ce système soit perçue comme émanant de l’extrême gauche ou de l’ultra-gauche.
Déjà toute velléité d’opposition à une exploitation effrénée de notre environnement et toute contestation de la dérive techno-scientiste et productiviste de cette société en dérive libérale sont perçues comme les signes avant-coureurs d’une opposition plus radicale et d’une violence latente qu’il convient de tuer dans l’œuf ou de marginaliser. L’affaire de Tarnac a déjà montré que la police de notre République n’hésite pas à recourir aux manipulations et aux mensonges afin de discréditer certains mouvements qu’elle juge trop déviants et potentiellement dangereux. L’affaire « Aurore Martin » montre quant à elle que les libertés individuelles ne pèsent rien face à la raison d’Etat et à une certaine forme de totalitarisme résultant de la concentration des pouvoirs de la Vème.
Aujourd’hui, à la veille de la grande manifestation de réoccupation de la ZAD de Notre Dame des Landes, les autorités de notre pays tentent désormais de discréditer le mouvement et semblent aspirées par les plus mauvais démons de la Vème.
Ainsi, les opposants à l’aéroport de Notre Dame des Landes ne bénéficient pas, à l’instar de certains policiers de la Bac de Marseille, de la présomption d’innocence, et font l’objet d’une stigmatisation honteuse et particulièrement inquiétante de la part des autorités de L’Etat. (...)