L’ancien imam et prêcheur de la Grande Mosquée de La Mecque, Saleh al-Taleb, a été condamné cette semaine à dix ans de prison, a annoncé l’organisation de défense des droits humains DAWN lundi sur son compte Twitter. La cour d’appel criminelle spécialisée de Riyad a ainsi annulé un précédent jugement qui préconisait l’acquittement du religieux arrêté en 2018. Si les raisons derrière son arrestation n’ont pas été divulguées par le régime, il avait critiqué à demi-mot les changements sociétaux souhaités par le prince héritier, Mohammad ben Salmane, notamment en ce qui concerne les concerts et les rassemblements mixtes dans les lieux publics. Dirigeant de facto du royaume, le dauphin saoudien, qui a lancé en 2016 son vaste plan de réformes socio-économiques Vision 2030, le gère d’une main de fer. Les renseignements américains l’accusent d’avoir approuvé l’assassinat du journaliste saoudien Jamal Khashoggi dans le consulat de son pays à Istanbul en 2018. Ce scandale avait alors provoqué sa mise au ban de la communauté internationale, à laquelle Joe Biden a mis un terme lors de sa tournée régionale à la mi-juillet, qui l’a conduit à Djeddah pour rencontrer le prince héritier.
Déjà critiques de cette visite en amont, les organisations de défense des droits de l’homme estiment que le président américain a contribué à alimenter un durcissement de la répression ainsi que le sentiment d’impunité du dirigeant saoudien. Les affaires de condamnation et d’arrestation de dissidents politiques semblent ainsi se multiplier depuis quelques semaines. (...)
(...) L’étudiante Salma al-Chehab a quant à elle été condamnée en appel à 34 ans de prison et à 34 ans supplémentaires d’interdiction de voyager pour avoir suivi des comptes d’opposants politiques et partagé leurs tweets. Si elle avait été arrêtée en janvier 2021, c’est quelques semaines après la rencontre entre le locataire de la Maison-Blanche et Mohammad ben Salmane que le tribunal spécial antiterroriste a commué sa peine qui était initialement de 6 ans, provoquant une vague d’indignation internationale. (...)