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Marie-Claude Saliceti
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Mediapart
La nuit funeste où Trump a choisi le « clan des dingues »
Article mis en ligne le 15 juin 2022
dernière modification le 14 juin 2022

La deuxième audition organisée lundi par le comité parlementaire qui a enquêté sur l’attaque contre le Capitole le 6 janvier 2021 a rendu compte de l’ambiance à la Maison Blanche le soir de l’élection. Un moment clef où le président sortant Donald Trump a refusé d’écouter ceux qui lui ont expliqué qu’il avait perdu.

Quand il est question de grands récits et de leur mise en scène, les États-Unis sont imbattables. Les auditions parlementaires – qui ont débuté jeudi dernier et doivent se dérouler jusqu’à la fin du mois – sur l’attaque du Capitole par les partisans de Donald Trump le 6 janvier 2021 l’illustrent une nouvelle fois.

Après avoir mené près de 1 000 interviews et consulté plus de 125 000 documents, le comité, qui a enquêté pendant près d’un an sur ce qui s’est passé à Washington le jour de la certification de la victoire de Joe Biden, offre ses conclusions sous la forme d’une série dramatique. (...)

C’est une narration Netflix digérée par le Congrès, avec une intrigue principale exposée à chaque rendez-vous. Les responsables du « Comité sur le 6 janvier » – son appellation officielle – ont d’ailleurs fait appel à un ancien ponte de la télévision pour aboutir à cette narration, dans laquelle les dépositions sont accompagnées de témoignages vidéo, de tweets et d’échanges de SMS. (...)

Lors de la première session jeudi 9 juin, la républicaine Liz Cheney, vice-présidente du comité, au côté du démocrate Bennie Thompson, a en effet expliqué que « l’attaque sur notre Capitole n’était pas une émeute spontanée ». (...)

« Donald Trump a supervisé et coordonné un plan sophistiqué en sept parties pour renverser l’élection présidentielle et empêcher le transfert du pouvoir présidentiel. Lors de nos audiences, vous verrez des preuves de chaque élément de ce plan. » C’est la seule représentante du camp républicain avec un autre élu au sein d’un comité dominé par les démocrates et dénoncé comme partisan par le parti républicain. (...)

le soir de l’élection, le 3 novembre 2020 (...) plusieurs de ses conseillers. (...) lui ont dit qu’il avait perdu l’élection présidentielle. Mais l’homme d’affaires converti en président des États-Unis désireux de s’accrocher à son siège a refusé de les écouter.

Il a préféré suivre les conseils de son avocat, Rudolph Giuliani, soûl selon les témoignages. L’ancien maire de New York avait expliqué à Donald Trump qu’il devait se déclarer vainqueur avant même que tous les votes ne soient comptés. (...)

« Grande arnaque »

L’ancien responsable de la campagne de Donald Trump, Bill Stepien, a décrit un entourage divisé en deux camps, le clan emmené par Giuliani, prêt à croire les arguments les plus « fous », et les autres, l’« équipe normale », dans laquelle il se trouvait en compagnie d’Ivanka Trump et de Jared Kushner. (...)

Non seulement il y a eu un « gros mensonge », mais s’est produite ensuite une « grande arnaque », a soutenu la représentante démocrate de Californie, Zoe Lofgren. Fort du premier, Donald Trump a embobiné ses partisans pour obtenir de l’argent : des millions de dollars supposément destinés à un fonds de défense de l’élection. (...)

« Nous ne pouvons pas balayer ce qui s’est passé sous le tapis. Le peuple américain mérite des réponses », avait déclaré jeudi le président du comité. Celles-ci continueront à être apportées dès mercredi, avec la troisième audition publique qui sera consacrée aux pressions exercées par les alliés de Donald Trump pour faire changer les résultats de la présidentielle en faveur de ce dernier.