En cette Journée mondiale des forêts, les auteurs de cette tribune déplorent le diktat de la rentabilité qui s’impose au sein de l’Office national des forêts, alors que celles-ci sont des alliées de premier ordre face au dérèglement climatique et à la destruction de la biodiversité.
Lors des premières années de nos vies, les forêts françaises ont accueilli nos rêves et nos peurs d’enfants. Ces lieux magiques ont également abrité les résistant-es et les maquisard-es, héros pour nos libertés.
Joyaux de la biodiversité, elles ont toujours constitué un commun essentiel à la vie. Elles hébergent des écosystèmes végétaux et animaux riches, jouent un rôle crucial dans la filtration et la rétention de l’eau, mais aussi dans la purification de l’air. Elles sont un rempart essentiel dans la lutte contre le réchauffement climatique, puisqu’elles permettent de stocker le dioxyde de carbone présent en trop grande quantité dans notre atmosphère. Notre résilience en dépend ; pour maintenir le réchauffement planétaire à 1,5 °C, comme préconisé par le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec), les forêts sont et seront un allié de poids. (...)
Mais, la folie galopante du capitalisme voit dans ces ressources naturelles un potentiel financier en bois et rogne, chaque année un peu plus, leur existence. Partout, la forêt recule, et avec elle, les écosystèmes qu’elle protège. Année après année, l’ONF alerte, proteste, demande du soutien pour empêcher que ces trésors nationaux ne finissent dévastés.
Mais l’ONF a vu ses fonctions muter au fil des décennies, sous l’effet d’une privatisation rampante qui jamais ne dit son nom. (...)
Comme trop souvent, les missions de service public sont sacrifiées sur l’autel de la rigueur budgétaire, au détriment du bien-être collectif.
Il ne nous reste qu’une quinzaine d’années pour inverser la courbe du réchauffement climatique
Un nouveau credo s’est installé depuis bien longtemps à l’ONF : celui de la rentabilité. La gestion court-termiste des forêts s’impose, en lieu et place d’une gestion durable et qualitative respectueuse de la nature. (...)
nos forêts meurent littéralement sous nos yeux.
Il reste cependant une journée dans l’année où une parole peut être portée pour sauver nos forêts : c’est la Journée internationale des forêts. Alors que les scientifiques alertent sur les risques liés au changement climatique, du Giec aux tribunes de presse, que les analystes démontrent qu’il ne nous reste qu’une quinzaine d’années pour inverser la courbe du réchauffement climatique, alors que la jeunesse européenne est dans la rue pour réclamer un droit à un avenir, il est plus que jamais urgent de protéger nos poumons naturels. Contre les logiques de marché stériles et les massacres, social et environnemental, qu’elles produisent, l’État et l’Europe doivent agir. (...)
La nature est notre bien commun le plus précieux, préservons-la.
Ensemble, réensauvageons l’Europe !