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La ferme de demain, écolo et prospère, existe déjà, nous l’avons visitée
Article mis en ligne le 19 octobre 2015
dernière modification le 9 octobre 2015

Elle aurait pu rester une ferme bretonne comme les autres, et subir la crise, comme les autres. Pourtant, quand il a repris la ferme paternelle des Petits-Chapelais, Gilles Simonneaux s’est tourné vers le bio et s’est diversifié, quand ses voisins intensifiaient et se spécialisaient. Visite guidée avec un paysan qui a redonné du sens à son métier.

(...) Il plante des céréales, met un hectare à disposition de Sylvie, la maraîchère, ouvre un magasin, amène quelques cochons... « Au départ on était deux à travailler sur 75 hectares, aujourd’hui on est dix sur une centaine d’hectares. »
Des prairies et des champs de blé

« Tout est parti de l’élevage laitier », poursuit-il. L’étable est vide, la ferme est calme, les vaches sont sorties. En face, sous la grange, le foin s’amoncelle en prévision de l’hiver. La production de la ferme suffit à nourrir les animaux, pas question d’importer. Le lait bio a un double avantage : il ne coûte pas cher à produire - les vaches se nourrissent sur les prairies, qui demandent peu d’entretien – et son prix se maintient, contrairement à celui du lait conventionnel. Le lait est vendu à une coopérative. Les revenus ainsi dégagés ont permis d’investir dans la diversification de la ferme.

Désormais, d’un côté de la route s’étendent de vertes prairies et de l’autre, les champs de céréales où grimpent les liserons. Le fumier des vaches fertilise les terres, qui permettent de produire du blé, de l’épeautre, du seigle et du petit épeautre. L’agriculteur y expérimente notamment des variétés anciennes, issues de « semences paysannes », dont la propriété intellectuelle n’appartient pas à un industriel.

« Le blé sera récolté d’ici quelques jours, prévoie Olivier, responsable de la boulangerie. C’est à partir de là qu’on le prendra en charge. » Un petit moulin à meule de pierre permet de fabriquer la farine ensuite utilisée sur place. (...)

Au fond de son champ, on ne peut pas rater un immense toit sombre, recouvert de panneaux solaires : la ferme produit autant d’énergie électrique qu’elle en consomme avec ses tracteurs et ses machines. « Si on veut une exploitation résiliente, l’idéal est d’avoir une toute petit ferme qui consomme très peu d’énergie, explique Gilles un peu plus tard. Mais en produisant notre propre énergie, on teste la possibilité d’avoir une ferme plus grande, avec plus de machines, mais autonome grâce à l’énergie qu’elle produit. » (...)

Il raconte que, la veille, des politiques sont venus visiter sa ferme. Il espère les avoir un peu bousculés. « On leur montre que l’on a un système durable, respectueux de la nature et qui crée de l’emploi, se félicite-t-il. On est une expérience parmi d’autres, il y a plein de gens qui créent des expériences. On est des petites bulles dans l’océan et actuellement, on n’est pas tous en respiration, mais je pense que le jour où toutes ces expérimentations diverses vont se mettre à respirer ensemble, on aura de vraies propositions alternatives pour une société du futur. »