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Marie-Claude Saliceti
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La cochonnerie du maire de Chalon-sur-Saône
Article mis en ligne le 18 mars 2015

Gilles Platret, maire de Chalon-sur-Saône, vient de décider de supprimer le menu de substitution lorsque le porc est présent dans le menu programmé de la cantine scolaire. L’horizon électoraliste est insuffisant pour comprendre la laïcité et la politique.

Ce menu de substitution, existant depuis 31 ans à Chalon, est une ouverture qui s’est largement étendue dans les cantines municipales ces dernières décennies. L’argumentation du maire : « Proposer un menu de substitution dès lors que du porc est servi, c’est opérer une discrimination entre les enfants, ce qui ne peut être accepté dans le cadre d’une République laïque ». L’Observatoire de la laïcité, organe rattaché au premier ministre, a aussitôt indiqué que la laïcité ne peut conduire à « refuser la diversité de menus ». Najat Vallaud-Belkacem a curieusement parlé de suppression de la « possibilité d’avoir un menu non confessionnel » pour réprouver cette « façon, en réalité, d’interdire l’accès de la cantine à certains enfants ».

Le sujet n’est pas dans les éléments de langage, la droite républicaine accrédite une nouvelle fois la forme parodique de la laïcité pour donner des gages au Front National.

La provocation est évidente. En réalité, quand on sait ce que sont devenus les additifs de toutes sortes et la complexité des composés alimentaires de l’agro-alimentaire breton, présents à peu près partout, il est clair qu’une interdiction stricte des interdictions alimentaires religieuses pourrait poser bien des problèmes. Ce ne sera pas un drame si un enfant musulman ou de confession juive ne mange pas de viande un midi. Mais ce n’est pas une raison pour renvoyer les gamins vers leurs communautés. Le petit jeu qui consiste à mettre des enfants dans l’inconfort en soulignant leurs différences religieuses, immanquablement associées aux différences ethniques sur les bancs de la cantine, tout en faisant la leçon sur la « République laïque », ne ressemble en rien à une politique d’intégration. Cela est une cochonnerie.