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Marie-Claude Saliceti
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UNHCR
La Jordanie délivre un nombre record de permis de travail aux réfugiés syriens
Article mis en ligne le 2 février 2022

Le pays est à l’avant-garde des mesures visant à assurer l’accès des réfugiés et des communautés d’accueil à un travail décent.

Le HCR, l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés, a salué aujourd’hui les progrès majeurs réalisés en Jordanie en matière d’inclusion des réfugiés syriens sur le marché du travail. En 2021, un nombre record de 62 000 permis de travail ont été octroyés à des Syriens, selon les chiffres publiés par le gouvernement et le HCR. Il s’agit du nombre annuel le plus élevé depuis l’introduction des permis de travail pour les réfugiés syriens.

Les réfugiés syriens sont autorisés à travailler dans plusieurs secteurs de l’économie jordanienne depuis 2016, après que la communauté internationale a engagé des fonds et contribué à faciliter les échanges dans le cadre du Jordan Compact, une initiative visant à améliorer l’accès à l’éducation et à l’emploi légal pour les Syriens ayant été contraints de fuir leur foyer.

« Les réfugiés peuvent jouer un rôle important dans l’économie jordanienne, et il devrait en être ainsi », a déclaré le représentant du HCR en Jordanie, Dominik Bartsch. « Permettre aux réfugiés de travailler réduit également le besoin d’aide humanitaire, comme les allocations en espèces, qui pourraient être redirigées pour soutenir les plus vulnérables d’entre eux. »

La Jordanie accueille 760 000 réfugiés et demandeurs d’asile enregistrés auprès du HCR. Parmi eux, quelque 670 000 sont originaires de Syrie, ce qui fait de la Jordanie le deuxième pays d’accueil de réfugiés syriens par habitant dans le monde, derrière le Liban. (...)

Cette initiative place la Jordanie à l’avant-garde des efforts visant à donner aux réfugiés et aux communautés d’accueil l’accès à un emploi décent, comme le préconise le Pacte mondial sur les réfugiés. Un récent rapport du HCR sur les progrès réalisés au niveau des indicateurs du Pacte mondial sur les réfugiés a montré que de nombreux réfugiés n’ont toujours pas accès à un travail décent. Au niveau mondial, seuls 38% des réfugiés vivent dans des pays où leur accès à un emploi formel, y compris un emploi salarié ou indépendant, n’est pas limité dans la pratique.

« Même dans les pays dont la législation autorise les réfugiés à travailler, il leur est souvent très difficile de trouver un emploi, d’autant que les taux de chômage sont élevés dans les pays d’accueil », explique Ayman Gharaibeh, directeur régional du HCR pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord. (...)

Alors que la Jordanie se reconstruit suite à la pandémie, le HCR s’engage à continuer à travailler avec ses partenaires et les autorités pour accroître les opportunités d’emploi pour les réfugiés comme pour les Jordaniens. « Vu le besoin pressant de soutenir le redressement économique de la Jordanie après le Covid, il est formidable de voir un nombre plus important que jamais de réfugiés en mesure de contribuer », souligne encore Dominik Bartsch.

Malgré cela, des défis importants demeurent. Avec un taux de chômage de 23% en Jordanie, de nombreux réfugiés titulaires d’un permis de travail ont encore du mal à trouver un emploi et à subvenir aux besoins de leurs familles. Et seuls les réfugiés syriens en Jordanie sont légalement autorisés à travailler. Ceux originaires d’autres pays, dont l’Irak, le Yémen, le Soudan et la Somalie, ne peuvent pas demander de permis. Le HCR plaide pour que les réfugiés non syriens aient également la possibilité de travailler. (...)