Le gouvernement dévoilera, mercredi, vingt mesures sur l’immigration, après un mois de polémiques amalgamant ce sujet au communautarisme.
Plus exigeant sur l’accès aux soins, plus ferme face aux « abus » et davantage soucieux des filières économiques en tension. Edouard Philippe dévoilera, mercredi 6 novembre à l’issue d’un comité interministériel, vingt mesures, sur l’immigration, après un mois de polémiques amalgamant ce sujet au communautarisme et à la laïcité. Les décisions ont été présentées dès lundi soir à plusieurs ministres et parlementaires de la majorité, réunis à Matignon.
Quatre semaines après le premier débat annuel sur l’immigration à l’Assemblée et au Sénat, le gouvernement a entériné plusieurs pistes (législatives ou réglementaires) pour atteindre un « équilibre », oscillant entre « très grande fermeté » et « très grande ouverture », explique le député La République en marche (LRM) Florent Boudié. (...)
Comme attendu, et malgré les protestations des associations, l’exécutif a acté l’instauration pour les demandeurs d’asile d’un délai de carence de trois mois pour accéder à la protection universelle maladie (PUMA), la « Sécu » de base. Jusque-là, ils y avaient droit dès le dépôt de leur demande. (...)
l’aide médicale d’Etat (AME), qui bénéficie à 318 000 personnes, n’est pas directement touchée. Mais désormais, certains actes non urgents pourront faire l’objet d’un accord préalable de la Sécurité sociale.
Ces retouches de la PUMA et l’AME figureront dans les amendements du gouvernement examinés jeudi à l’Assemblée dans le cadre du budget santé. Un rapport sur l’AME, commandé à l’inspection générale des affaires sociales et l’inspection générale des finances et qui a guidé les orientations du gouvernement, doit aussi être rendu public mardi. (...)
Davantage de contrôles devront aussi être exercés sur les bénéficiaires de l’aide aux demandeurs d’asile (ADA) qui toucheraient, selon le gouvernement, indûment en même temps le revenu de solidarité active (RSA).
Des « quotas » pour l’immigration économique légale
Parmi les décisions dites « d’ouverture », le gouvernement avait affirmé souhaiter trouver un dispositif permettant de « s’ajuster en temps réel aux besoins de nos entreprises », ce qui faciliterait l’immigration économique légale.
« L’idée, c’est d’avoir des objectifs chiffrés, ou des quotas », a souligné la ministre du travail, Muriel Pénicaud, sur BFMTV, mardi matin. (...)
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