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L’arnaque de la voiture propre
Article mis en ligne le 15 août 2022

La voiture propre serait-elle la voiture électrique ? C’est ce que tente de nous convaincre les constructeurs automobiles et le gouvernement. Pourtant ce n’est pas si simple et ça pourrait même être tout l’inverse comme le montre Nicolas Meunier dans son livre « L’arnaque de la voiture propre »

Un pot d’échappement, ça pue et ça fait du bruit, tout le monde est d’accord. La voiture électrique serait-elle la solution  ? C’est ce que nous dit le gouvernement, qui, sous prétexte de « renouveler le parc automobile français en faveur des véhicules propres », a mis en place un « bonus écologique » offrant une réduction pour tout achat d’une voiture électrique. Même le pétrolier Total clame que « le véhicule électrique est l’avenir de la voiture ».

De nombreuses études scientifiques ont pourtant montré que ce n’est pas si simple, et un nouveau livre enfonce le clou : L’Arnaque de la voiture propre, par Nicolas Meunier (éd. Hugo Doc). L’auteur, ingénieur automobile et journaliste à Challenges, décortique toutes les données.

Il faut d’abord prendre en compte la construction du véhicule, qui dégage plus de CO2 pour une voiture électrique qu’à essence, notamment à cause des batteries, qui sont généralement produites en Chine, avec de l’énergie issue du charbon. « En tentant de limiter les émissions polluantes locales, on en crée une plus importante au niveau du lieu de production », conclut Nicolas Meunier.

Au total, même après plusieurs milliers de kilomètres, il n’est pas du tout évident que la voiture électrique soit moins polluante (et il faudrait ­aussi tenir compte de la production d’électricité : si on intégrait les déchets nucléaires dans le bilan, la voiture électrique remporterait la palme de la pollution  !).

Il y a aussi les matériaux nécessaires aux cellules électriques, comme le cobalt ou le lithium dont l’extraction est très polluante (en République démocratique du Congo, en Australie, en Amérique du Sud…)

. Et puis, les voitures électriques se démodent beaucoup plus vite que les modèles à essence ou Diesel, ce que Nicolas Meunier résume de la façon suivante : « Acheter une voiture électrique aujourd’hui, c’est comme acheter un magnétoscope juste avant l’arrivée des DVD. » Chaque nouvelle génération de ces véhicules rend totalement obsolète la génération précédente. Donc, forcément, moins ça dure, plus ça pollue.

Qu’est-ce qui est plus « propre » : une vieille 4L qu’on bichonne jusqu’à son dernier souffle, pour la garder vingt ou trente ans, ou un véhicule truffé d’électronique que même les garagistes ne réparent plus et qu’il faut changer tous les quatre ans  ? Certes, il faut moins de voitures, mais on veut nous faire croire que la solution écologique s’inscrit dans la course à l’innovation, alors qu’il faudrait déjà commencer par réhabiliter la bonne vieille réparation. Or ça, personne n’en parle. Pourquoi  ? La réponse est évidente : ça ne fait pas marcher l’industrie automobile. •

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