Rumeur croissante à Tunis : l’armée, jusqu’ici très attentiste, commencerait à montrer des signes d’impatience. Le général Rachid Ammar aurait ainsi haussé le ton, exaspéré par l’incurie des politiques, incapables de s’entendre sur une feuille de route consensuelle et réaliste, exaspéré aussi par les surenchères du Conseil national de protection de la Révolution (l’instance autoproclamée regroupant tous les opposants au gouvernement du Premier ministre renversé Mohamed Ghannouchi).
Rachid Ammar, chef d’état-major de l’armée de terre et seul véritable héros « visible » de la Révolution tunisienne avec Mohamed Bouazizi, pour avoir ordonné à ses troupes de ne pas tirer sur le peuple, aurait fait savoir aux politiques et au syndicaliste Abdessalem Jrad, le très controversé patron de l’UGTT (l’Union générale tunisienne du travail) que leur temps était désormais compté. Qu’il fallait qu’ils s’entendent et que le pays se remette au travail.(...)
L’armée, qui a jusqu’à présent fait preuve d’une impeccable neutralité, et qui, au lendemain du 14 janvier, a refusé toute ingérence dans la vie politique, pourrait-elle malgré tout changer de cap, si la situation venait à pourrir ? Rien ne permet pour le moment d’avancer une telle hypothèse.(...)
L’armée, clairement, veut aujourd’hui rester au-dessus de la mêlée. Tout risque d’intervention militaire doit-il donc être catégoriquement exclu ? A court terme, sans doute ; à long terme, pas forcément (...)