Après le Mali en août 2020 puis en mai 2021 et la Guinée en septembre, le Burkina Faso a vécu un putsch. Les militaires profitent du sentiment que les élites sont déconnectées pour revenir en force.
A qui le tour ? C’est la question qui fait désormais frémir l’Afrique de l’Ouest. Les coups d’Etat semblent faire tache d’huile dans cette région : Mali par deux fois depuis août 2020, Guinée en septembre 2021, Burkina Faso le 24 janvier. Si les putschistes en uniforme justifient leur prise du pouvoir par des raisons locales, leur retour brutal dans le champ politique démontre que les sanctions et les rodomontades internationales n’ont aucun effet dissuasif et que les principes démocratiques sont en régression dans cette zone. (...)
Signe des temps, alors que la rue s’était élevée contre « le coup d’Etat le plus bête du monde » porté, en 2015, par des nostalgiques de l’ancien président Blaise Compaoré et aussitôt avorté, aujourd’hui plus personne ne manifeste pour la défense des institutions issues des élections. A Ouagadougou, comme à Bamako ou Conakry, la rue encourage les jeunes officiers qui, comme le veut la règle, promettent de redresser la nation et jurent de leur désintérêt pour le pouvoir.
Les régimes dictatoriaux du passé réhabilités (...)