A l’occasion du Festival du livre de Paris, les journalistes de Libération cèdent la place à des auteurs et autrices pour écrire sur l’actualité. (...)
Comme Cassandre, rendue inaudible par Apollon, ceux qui appellent à sauver la planète ne récoltent que le dédain ou la répression.
C’est un rectangle irrégulier de trois mètres sur deux.
Lorsque j’ai pu acquérir le champ dans lequel j’ai installé ma ferme aux insectes, il n’y avait rien, si ce n’est des herbes folles qui m’arrivaient à hauteur d’épaule. Il m’a fallu amender la terre. C’est un processus semblable à celui de l’écriture. On commence une phrase, on plante un arbre : on se retrouve immédiatement confrontés à l’échec. La phrase est plate, rien ne pousse. Il faut recommencer, inlassablement, jusqu’à ce que quelque chose qui vaille la peine finisse par surgir. On appréhende alors l’équilibre précaire qui va constituer l’essentiel de notre existence. Travailler la terre est un roman qui restera pour toujours inachevé. Pour autant, ce n’est pas la partie la plus difficile. Il faut se battre constamment contre les institutions supposées nous soutenir. La mairie, la région, le ministère, parfois même l’Europe. (...)