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Reporterre
Il est urgent de sauver les sols agricoles
Article mis en ligne le 6 juillet 2017

L’agriculture conventionnelle et mécanisée a un effet délétère sur les sols en appauvrissant durablement leur taux de matière organique et en abîmant leur stabilité structurale, expliquent les auteurs de cette tribune. Qui défendent, a contrario, les pratiques vertueuses de l’agriculture de conservation et de l’agroforesterie.

À la suite de la publication d’une tribune sur la crise du sol sur le site de Reporterre, certains scientifiques se sont insurgés de l’assertion selon laquelle 95 % des sols perdaient de la matière organique, en particulier en grandes cultures. Il est vrai qu’aucun article scientifique ne mentionne ce chiffre ni ne propose une analyse des conséquences des pratiques agricoles mises en place dans l’après-guerre jusqu’à aujourd’hui sur les stocks de matières organiques des sols. Et pourtant, force est de constater que, bien qu’approximatives, ces valeurs approchent sans doute la réalité observée sur le terrain : il suffit d’enquêter chez les paysans.
N’en déplaise à certains, la crise agricole est bien une crise du sol. Il semble de plus en plus clair que les fuites d’intrants vers les nappes et l’érosion des sols vers les rivières signalent une forte baisse de la stabilité structurale des sols, corrélée à une importante diminution des taux de matière organique. Charge à la science d’établir des chiffres fiables et une chronologie historique en lien avec les pratiques agricoles concernant le travail du sol. Au-delà des polémiques, il est aujourd’hui certain que les pratiques agricoles conventionnelles actuelles développées depuis plus de 50 ans posent d’énormes problèmes économiques et environnementaux. Compte tenu du parfait recouvrement des cartes « érosion » et « nitrates » établies par l’Institut national de la recherche agronomique (Inra), il est évident que la perte de matière organique constitue le plus gros problème environnemental de l’agriculture.
Il n’est pourtant pas difficile, en regardant la couleur de nos rivières, de voir que c’est la terre qui s’en va vers la mer

Comment expliquer cet état de fait ? Peu couverts et fortement travaillés, les sols cultivés ne cessent de perdre de la matière organique par minéralisation, ce qui contribue à l’émission de gaz à effet de serre et au réchauffement climatique. Mais les effets sur le sol lui-même et sa fertilité ne sont pas moins délétères. C’est la spirale de dégradation. (...)