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Marie-Claude Saliceti
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INSULTÉE, FRAPPÉE, ATTACHÉE : UNE JEUNE FEMME SANS-PAPIERS DÉNONCE LES CONDITIONS DE SON EXPULSION PAR LA POLICE
Article mis en ligne le 16 février 2018

Le 20 janvier et 3 février 2018, la police emmène Aminata à l’aéroport pour l’expulser vers le Mali. Sauf que l’intervention tourne au vinaigre : coups de pied, insultes racistes et menaces… La jeune femme a décidé de porter plainte

« Pourquoi avez-vous décidé de porter plainte ? », interroge-t-on Aminata (1), alors qu’elle est toujours enfermée derrière les grilles du Centre de rétention administrative (CRA) du Mesnil Amelot. Grésillement sur la ligne. Silence pesant. La jeune femme répond finalement :
« J’ai déposé plainte parce qu’ils n’ont pas le droit de me traiter comme ça. Ils me traitent violemment. »
Arrivée en France le 19 octobre 2017, Aminata, 29 ans, est enfermée depuis plus de 40 jours dans cette prison pour sans-papiers, installée à deux pas de l’aéroport Charles-de-Gaulles. La préfecture a décidé de son expulsion au Mali, son pays d’origine. Par deux fois, le 23 janvier et le 3 février 2018, la police a essayé de la faire monter de force dans un avion direction Bamako. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que les pandores n’y sont pas allés de main morte. Coup de genou, coup de poing, menaces ad hominem… La jeune femme a vécu l’enfer. Le 3 février, elle a décidé de porter plainte devant le procureur de la République de Meaux pour « violences volontaires sur personne vulnérable de la part de représentants de l’autorité publique ». Elle a également signalé l’incident à l’IGPN.

FILMÉE NUE (...)