
Trois des sept religieux enlevés le 11 avril dernier ont été libérés, a déclaré, jeudi 22 avril, le père Loudger Mazile, le porte-parole de la Conférence des évêques d’Haïti, ce pays pauvre des Caraïbes en proie à une forte insécurité. "Les Français ne sont pas libérés. Il n’y a pas de laïcs parmi les personnes libérées", a-t-il précisé.
En tout dix personnes, dont sept religieux, cinq Haïtiens et deux Français, ont été kidnappées le 11 avril à la Croix-des-Bouquets, près de la capitale Port-au-Prince, alors qu’elles se rendaient à l’installation d’un nouveau curé.
Le groupe comprenait notamment quatre prêtres et une religieuse haïtiens ainsi que deux Français originaires de l’ouest de la France : une religieuse du département de la Mayenne et un prêtre de l’Ille-et-Vilaine qui vit en Haïti depuis plus de trente ans.
Trois personnes, membres de la famille d’un prêtre haïtien qui ne fait pas partie des personnes kidnappées, ont également été enlevées. (...)
L’Église catholique a ainsi lancé quelques jours après l’enlèvement un appel à la grève pour dénoncer l’inaction des pouvoirs publics et "la dictature du kidnapping" dans le pays, selon le président de la Conférence des évêques haïtiens, Monseigneur Launey Saturné.
"Depuis quelque temps, nous constatons la descente aux enfers de la société haïtienne", avait affirmé au lendemain du drame Mgr Max Leroy Mésidor, archevêque de la première ville haïtienne. (...) Face à ces critiques, le président d’Haïti, Jovenel Moïse avait lui annoncé le 14 avril la démission du gouvernement et la nomination d’un nouveau Premier ministre, afin de s’attaquer au problème aigu de l’insécurité.