
Après un premier week-end de grève remarqué, les contrôleurs SNCF menacent de remettre le couvert pour les fêtes de fin d’année si la direction n’accède pas à leurs demandes. Parti d’un collectif « apolitique », ce mouvement déborde les organisations syndicales.
Ce mercredi, les négociations annuelles pour les salaires à la SNCF s’engagent en plein bras de fer entre les contrôleurs et la direction. Quelques jours plus tôt, la grève des chefs de bord paralysait une grande partie des trajets de TER et de TGV, avec près de 80 % de grévistes selon le collectif national ASCT (agent du service commercial train). Et sans contrôleurs, pas de trains.
Pour l’heure, le collectif, qui exige l’intégration des primes aux salaires et une meilleure reconnaissance du métier, ne s’estime pas entendu par la direction. Il prévient déjà que si cette dernière ne répond pas à ses demandes, les fêtes de fin d’année pourraient être perturbées. Il annonce des grèves qui pourraient être au moins aussi suivies que celle du premier week-end de décembre, où près de 60 % des trains ont été annulés.
Auprès de l’AFP, la direction de SNCF Voyageurs dit avoir proposé « une augmentation de la prime de travail de 600 euros par an pour tous les chefs de bord », une intégration « partielle » de celle-ci « au salaire fixe en 2024 », « l’accélération de la progression de la rémunération » et « le passage à deux chefs de bord par rame pour tous les TGV Inoui d’ici trois ans ». Insuffisant pour les contrôleurs mobilisés. (...)
Parti d’abord sans les syndicats, le collectif a désormais le soutien des fédérations, de la CFDT à l’Unsa, en passant par Sud Rail et Force ouvrière… à l’exception notable de la CGT, pourtant syndicat majoritaire dans la profession. Interrogée sur son absence de soutien aux grévistes, la fédération ne nous a pas répondu. (...)
Les contrôleurs s’organisent en dehors des structures syndicales
« La CGT ne nous soutient pas mais dans notre collectif on a des délégués syndicaux locaux, des militants de base de tous les syndicats, y compris de la CGT », annonce Paul*, l’un des membres fondateurs du collectif. « D’ailleurs le plus grand risque est pour la confédération qui se coupe de leur base en ne nous soutenant pas parce que, sur le terrain, nos collègues syndiqués à la CGT font grève avec nous », ajoute Olivier, un autre des membres du collectif. (...)
Un nombre toujours plus réduit de représentants du personnel
De son côté, Olivier ne s’étonne guère que la mobilisation soit partie sans les organisations : « Depuis des années, nos revendications ne sont pas prises en compte, ni par nos syndicats, ni par notre direction. On a dû tordre le bras à nos syndicats pour qu’ils s’occupent de nous. » Et de s’attrister du manque de soutien de la part du syndicat majoritaire : « Pendant des années, on a été le bras armé des grèves de la CGT parce que quand on ne travaille pas, les trains ne roulent pas et la grève est visible. Sauf qu’on fait toujours grève pour des revendications globales, pour soutenir les autres, mais jamais pour nous-mêmes. »
Désormais, les négociations avec la direction se mènent avec trois des membres du collectif et les représentants des quatre syndicats qui ont embrayé. Au cours des négociations qui démarrent aujourd’hui, une table ronde sera dédiée spécifiquement aux demandes des chefs de bord, le jeudi 8 décembre. (...)