Depuis hier, les travailleurs roumains et bulgares sont libres de travailler dans n’importe quel État de l’Union Européenne. Mais l’ultralibérale Albion, dirigée par le conservateur David Cameron, défend ses frontières.
Au moment même où Londres refuse, à Bruxelles, de voter la moindre régulation concernant les travailleurs détachés, une pétition fait fureur au Parlement britannique, tel un gant jeté à la face de l’Europe : il s’agit de bloquer la libre circulation des travailleurs européens originaires de régions les moins favorisées de l’Union.
Pas question, tonnent les tories qui rejouent la bataille d’Hastings, de laisser déferler sur l’île des « hordes de Roumains et de Bulgares » (comprenez : de Roms roumains et bulgares), soupçonnés de vouloir profiter du système social. Et de s’appuyer sur les statistiques officielles montrant une augmentation de 26 %, au cours des trois derniers mois, du nombre de Roumains et Bulgares (112 000) recensés.
L’été dernier, la presse anglaise avait abondamment couvert la présence d’un camp de Roms roumains dans Hyde Park, en plein centre de Londres, dont la principale activité consistait à aller mendier devant le célèbre magasin Harrods, situé à proximité... Faisant l’amalgame entre travailleurs et fraudeurs, les tories disputent au parti anti-européen et xénophobe Ukip les projections démographiques les plus fantaisistes : 400 000 envahisseurs seraient prêts à débarquer sur l’île. (...)