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France inter
Génération Greta : Celia Xakriaba, l’Amazonie dans le sang
Article mis en ligne le 9 août 2020

Elles sont jeunes, parfois juste majeures, et partout dans le monde elles bousculent le jeu. C’est la "génération Greta". Aujourd’hui, portrait de Celia Xakriaba, Brésilienne et activiste indigène, qui incarne la préservation de l’Amazonie.

Celia porte le nom de son territoire, "Xakriaba", une communauté de 11 000 personnes au cœur de l’État du Minas Gerais, au sud-est du Brésil. Ses yeux noirs ornés de peintures, son visage rond et jovial rehaussé d’une imposante couronne de plumes, toutes ces distinctions revendiquent l’identité de son peuple et le combat politique qu’il mène, une lutte frontale qui s’oppose au projet du président Jaïr Bolsonaro : "C’est même plus qu’un projet ! C’est une détermination à faire disparaitre les peuples indigènes du Brésil et derrière eux toute l’humanité. C’est pour cela que l’on veut alerter les autres pays."

Et nous comptons sur la France pour que la politique de Bolsonaro soit considérée comme un "écocide", un génocide aussi contre l’Humanité. Ma conviction, c’est que nous sommes les thermomètres de ce monde : le jour où l’on s’arrêtera de respirer, le monde entier s’arrêtera.

Une plainte pour écocide a été déposée contre le président brésilien au Tribunal pénal international. De son côté, Celia multiplie les actions de terrain pour défendre l’accès au soin des communautés devant le ministère de la Santé brésilien.

Elle se rend aussi à Berlin avec d’autres leaders indigènes, et explique : "Les grands groupes nous demandent pourquoi nous sommes contre le capitalisme" : pour interpeller des géants de la distribution sur les ravages de leur commerce sur les terres indigènes en Amazonie.

Le rôle-clé des femmes indigènes (...)

L’action de Celia Xakriaba, première doctorante indigène de l’histoire du Brésil, inspire et crée des vocations de plus en plus précoces malgré les menaces.
L’action de Celia Xakriaba, première doctorante indigène de l’histoire du Brésil, inspire et crée des vocations de plus en plus précoces malgré les menaces (...)

Mais cette résistance à un prix : au lendemain de la première marche des femmes indigènes, Celia Xakriaba et les autres organisatrices du mouvement ont été placées sous surveillance rapprochée. "Un premier avertissement", dit-elle, qui peut rapidement conduire à une disparition dans l’anonymat le plus complet (...)

"Et la libéralisation du port d’armes qu’est en train d’imposer le gouvernement Bolsonaro revient à autoriser le génocide contre les peuples indigènes. Donc aujourd’hui, nous devons donner de l’écho à cela. Quand Greta (Thunberg) dit qu’on lui a "volé son rêve, son enfance", nous, peuples indigènes, on ne sait même pas si l’on peut encore rêver, parce que très souvent, nous avons même peur de nous endormir." (...)

La très jeune Artemisa Xakriaba, membre de la même communauté que Celia, se tenait aux côtés de Greta Thunberg à New York, lors de la dernière assemblée générale de l’ONU. Elle y représentait l’alliance globale des peuples territoriaux, 25 millions d’indigènes du Brésil, de Basse Amazonie, d’Amérique centrale et d’Indonésie, tous déterminés à défendre les 600 millions d’hectares de forêt native qu’ils occupent et protègent.