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Marie-Claude Saliceti
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RT France
Gares délaissées, guichets clos... Les craintes liées à la réforme du rail se confirmeraient-elles ?
Article mis en ligne le 9 novembre 2018

Répondant aux exigences européennes en termes de libéralisation du rail, la réforme de la SNCF a été entérinée au début de l’été 2018, malgré les craintes exprimées par l’opposition, notamment au sujet des lignes « non rentables ». Qu’en est-il ?

Près de cinq mois après l’adoption à l’Assemblée nationale de la réforme de la SNCF, que sont devenues les inquiétudes des usagers des petites lignes quant à l’avenir d’une partie du réseau ferroviaire français, dont l’existence était directement menacée par le rapport Spinetta (celui-ci ayant en partie inspiré la réforme du rail) ?

Malgré l’engagement d’Edouard Philippe, qui avait promis, le 26 février 2018, que la réforme de la SNCF n’engendrerait pas la fermeture des lignes « non rentables », d’aucuns pointent aujourd’hui un lien entre l’abandon progressif du service public et ladite réforme, comme en attestent de récentes mobilisations locales, provoquées par la fermeture de guichets et le manque d’entretien du réseau ferré. (...)

Le 31 octobre, réagissant à la suppression de postes et de guichets dans la région Auvergne-Rhône-Alpes, la section PCF de Saint-Flour appelait ainsi à un rassemblement devant la gare de la commune. « Aujourd’hui, nous y sommes : c’est l’application concrète de la réforme et du pacte ferroviaire ! » soulignait le communiqué. (...)

Une réforme qui remet en cause le droit au transport pour tous.

Avant la rentrée de septembre, des mobilisations en gare avaient déjà commencé, comme le 31 août à Hayange, en Moselle, où la fermeture d’un guichet avait rassemblé représentants politiques et syndicats locaux. Le syndicaliste Thomas Portes avait alors qualifié la fermeture dudit guichet de « conséquence directe d’une réforme qui [remet] en cause le droit au transport pour tous ». (...)

Dans un article daté du 1er novembre, le magazine Marianne aborde par ailleurs la question du financement, par des « régions asphyxiées », de l’entretien des petites lignes. Au-delà de l’ouverture de la SNCF à la concurrence, le coût d’entretien du réseau ferroviaire français est cette fois évoqué : « Le sentiment de solitude des régions qui doivent payer ce coût est immense », commente la journaliste, rapportant par ailleurs les propos du syndicaliste Sud Rail, Bruno Poncet : « D’ici à 2021, 40% des petites lignes risquent de fermer si la puissance publique ne met pas la main à la poche pour financer ces infrastructures [...] l’Etat s’est complètement lavé les mains du dossier [...] certaines voies n’ont pas été entretenues depuis les années 70, parfois même depuis les années 30 ! » (...)