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Marie-Claude Saliceti
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G7 - EZ Acte 3 : Welcome to paradise
Article mis en ligne le 24 août 2019

En direct-live du contre sommet à Hendaye, des reporters proposent chaque jour aux sites Mutu quelques nouvelles en photos et/ou récits du contre sommet.
Retrouvez tous les résumés des autres journées

Où il est question d’une manifestation féministe, d’un blocage de rond point, de voltigeurs et de barricades. Et de comment deux flics à moto un peu paumés font monter la pression... (...)

Jeudi soir, 19h. Des meufs, trans, intersexes, non-binaires se rassemblent à Ficoba, côté espagnol de la frontière. Environ deux cents personnes ont répondu à l’appel à manifester jusqu’à Hendaye en cortège non-mixte sans mecs cis [1].. Un mur de cartons est construit, chaque carton représentant une facette du patriarcat, écrite en différentes langues : « hystérie », « douce et fragile », « epilación », « frigide », « mignonne », « racismo »... Des banderoles sont étalées sur le sol : « Solidarité féministe », « No gender assignation, no borders », « El patriarcado mata cada dia », « No means no », « Kapitalistu Patriarcatu Alianza Kriminala »... Le texte d’appel à la marche est lu en français, basque et espagnol, et se conclut par la nécessité d’abolir le patriarcat et tous les types d’exploitation des êtres vivants. (...)

Peu de flics, une seule voiture de police municipale ouvre la route. Arrivé à la plage, une partie du cortège se déshabille et se rue dans l’eau, avec un énorme drapeau féministe. Des feux d’artifice sont tirés. Des slogans et des chants s’élèvent de la mer, dans la nuit : « Qui va faire la vaisselle ? Nous on fait la révolution ! ». Les cantines ont prévu snacks et nourriture, pique-nique sur la plage, sous les yeux ébahis des touristes. (...)

Vendredi, 11h. Une première assemblée est organisée histoire de proposer une action de blocage l’après-midi même. Une deuxième assemblée discute ensuite des modalités pratiques permettant d’aller manifester à Bayonne samedi après-midi, en réponse à l’appel à « prendre Biarritz depuis Bayonne » et à l’appel des Gilets Jaunes. Beaucoup de nouvelles arrivées sur le camp. Pas mal de monde profite de la proximité de la plage.

15h, c’est l’heure du rendez-vous pour partir jusqu’au point de blocage prévu. Trois militant-es basques participant à la plateforme G7-EZ viennent exprimer les raisons pour lesquelles illes pensent que cette action n’est pas judicieuse. La discussion en assemblée prévue la veille au soir concernant le « consensus d’action » n’a pas pu avoir lieu. Le premier, qui se présente comme membre de la gauche indépendantiste basque, regrette que le travail mené au sein de la plateforme pour parvenir à ce consensus ne soit pas respecté. En même temps, il rejette les critiques formulées sur le « pacifisme » de ce consensus, rappelant les années de lutte armée, de clandestinité, d’emprisonnement de nombreux-ses habitant-es du Pays Basque. Il demande à ce que les actions menées en dehors du cadre arrêté par la plateforme le soit loin d’Hendaye, afin de ne pas mettre en difficulté les militant-es locaux, amené-es à subir sur le long terme les conséquences de ce qui se passera lors des prochains jours. La militante qui prend la parole après lui estime que la complémentarité des luttes suppose de respecter le consensus établi par la plateforme. Elle explique que la lutte contre le G7 a été pensée localement en deux temps : un contre-sommet de mercredi à vendredi, des manifestations et des blocages de samedi à lundi. Tout ce qui n’entre pas dans ce cadre est apparemment malvenu.

Ces objections n’empêchent pas trois cent personnes de partir en cortège dans la montagne, pour rejoindre Urrugne et l’un de ses rond-points menant à l’autoroute. Alors que la manifestation traverse le bourg, un hélicoptère et vingt motos de police font leur apparition. (...)

Ces événements n’ont pas permis à la discussion prévue avec des représentant-es de la plateforme de se tenir à l’heure prévue. Vers 23h, quelques-un.e.s d’entre elleux interviennent au campement pour donner des informations : 23 blessé.e.s pris.e.s en charge sur le camp, 12 interpellé.e.s, une assemblée prévue à 8h le lendemain pour discuter de la préservation de l’intégrité de toutes les personnes présentes sur le camp. Une AG nocturne permettra d’apprendre qu’une caméra a été trouvée sur le camp, qu’un-e indic a été identifiée et chassée, et de faire un point sur les événements de la journée et le programme du lendemain. (...)