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Marie-Claude Saliceti
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France : quatre Soudanais condamnés à de la prison ferme pour avoir participé à un réseau de passeurs
#migrants #Manche #passeurs
Article mis en ligne le 30 juin 2023

Quatre personnes, originaires du Soudan, ont écopé la semaine dernière de peines de prison ferme allant de 24 mois à 30 mois par le tribunal de Saumur, dans le centre-ouest de la France. Les prévenus, eux-mêmes exilés, étaient jugés pour avoir participé à l’organisation de traversées de la Manche.

Agés de 31 à 34 ans, les prévenus, eux-mêmes exilés, comparaissaient pour avoir "facilité la circulation et le séjour des migrants, en achetant puis en acheminant du matériel vers la côte pour leur permettre de passer en Angleterre". Deux d’entre eux ont écopé de deux ans de prison ferme et les deux autres de 30 mois. Tous ont également reçu une interdiction de territoire français pendant cinq ans. (...)

Lors de l’audience, les Soudanais ont tous nié les faits reprochés. L’un d’eux a néanmoins avoué avoir acheté un canot pneumatique, mais pour tenter, selon lui, sa propre traversée de la Manche. "À Calais, les réfugiés s’occupent d’organiser leur propre départ", s’est-il justifié, selon des propos rapportés par Ouest France. (...)

Pour l’un des avocats de la défense, Julien Richou, son client est une victime de la "misère humaine". Tous ont pris la route de l’exil, en passant par la Libye puis l’Italie, puis ont vécu dans les camps du nord de la France.

Pour appuyer son propos, l’avocat a mis en avant une phrase d’un prévenu, captée lors les écoutes téléphoniques. "Si quelqu’un veut acheter mon rein, je lui vends", peut-on y entendre. Ses mots, qui selon la défense, résument à eux seuls l’affaire. Selon l’avocat, le prévenu n’a bénéficié d’aucun enrichissement personnel dans cette histoire. "Les vrais passeurs ne touchent pas aux bateaux, ils ne sont pas en lien avec les migrants. C’est comme dans les trafics de stupéfiants : moins on touche au produit, plus on est haut placé dans la hiérarchie", a-t-il déclaré au tribunal.
Des contrôles renforcés

Mais pour la procureure de la République, Alexandra Verron, leur passé migratoire n’est pas une circonstance atténuante. "Au contraire, ils devraient être les premiers à ne pas contribuer à cette activité". (...)