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Marie-Claude Saliceti
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Le Monde
Français enlevés au Niger en 2010 : Areva mis en examen pour « blessures involontaires »
Article mis en ligne le 4 juin 2022
dernière modification le 3 juin 2022

Les juges d’instruction français reprochent au géant français du nucléaire d’avoir sous-évalué le risque d’attaques contre le site d’extraction d’uranium d’Arlit, dans le nord du Niger, et de ne pas avoir mis en place des mesures de sécurité adaptées.

Le géant français du nucléaire Areva a été mis en examen lundi 30 mai pour « blessures involontaires » dans l’enquête menée à Paris sur l’enlèvement en 2010 de cinq Français au Niger, revendiqué par l’organisation Al-Qaida au Maghreb islamique (AQMI), ont appris l’Agence France-Presse et Le Parisien, jeudi. (...)

Le magistrat chargé de cette information judiciaire, ouverte au pôle antiterroriste depuis 2013, estime également qu’Areva a ignoré les avertissements sur les défaillances du système de protection et la menace terroriste. (...)

Dans la nuit du 15 au 16 septembre 2010, cinq Français – Françoise et Daniel Larribe, Pierre Legrand, Marc Féret et Thierry Dol –, un Malgache, Jean-Claude Rakotoarilalao, et un Togolais, Alex Ahondo, avaient été enlevés sur le site minier par des hommes armés. Après cinq mois de captivité, Françoise Larribe, malade, avait été libérée avec les salariés malgache et togolais. (...)

Lors de son interrogatoire, le groupe, représenté par sa directrice juridique, a confirmé qu’Areva et le groupe français de BTP Vinci, l’un de ses sous-traitants, avaient versé une rançon : 12,5 millions d’euros pour la libération des trois premiers otages, puis 30 millions d’euros pour les quatre hommes, selon cette même source.

En revanche, le groupe a réfuté tout manquement dans la gestion du risque, assurant que la protection des salariés était une priorité, a précisé cette source. (...)