« Le gouvernement passe de l’écologie des petits pas à celle des petits riens », cingle Clément Sénéchal, chargé de campagne politiques climatiques de Greenpeace France.
Lutte contre les passoires thermiques et les terrasses chauffées, interdiction des chaudières au gaz et au fuel… Telles sont les premières mesures, inspirées par les travaux de la convention citoyenne pour le climat, que le gouvernement a choisi de mettre en œuvre au plus vite, par voie réglementaire. Barbara Pompili, la ministre de la Transition écologique, les a dévoilées à l’issue d’un Conseil écologique de défense qui s’est tenu ce lundi 27 juillet.
Mais ces premières annonces, censées convaincre les Français du virage écolo de l’exécutif, rencontrent un accueil pour le moins critique de la part des associations de défense de l’environnement, comme de certains parlementaires engagés sur la transition écologique, comme Matthieu Orphelin, qui ne cachent pas certaines de leurs réserves. (...)
Le choix des « demi-mesures » ?
Pour le député ex-LREM, ces annonces vont certes « dans la bonne direction ». Mais ce proche de Nicolas Hulot se montre prudent. « Le gouvernement doit veiller à ne pas faire, une nouvelle fois, le choix des demi-mesures, comme c’est trop souvent le cas depuis trois ans », met-il en garde dans un communiqué.
Le parlementaire ne cache pas plusieurs de ses réserves, notamment au sujet du moratoire sur la construction de nouvelles zones commerciales en périphérie des villes. Si ce moratoire est confirmé, un « certain flou » persiste « sur les conditions de mise en œuvre effective ». Surtout, « il n’intègre pas l’interdiction des nouveaux entrepôts Amazon » (...)
aucune annonce n’a été faite pour l’instant « sur la reprise ou non des propositions de la convention citoyenne sur le climat sur les obligations et nouvelles incitations à la rénovation énergétique des passoires thermiques, et c’est bien dommage vu l’urgence. »
« L’écologie des petits riens »
Le ton est plus sévère encore du côté des ONG. Greenpeace égratigne elle aussi le seuil proposé par le gouvernement pour interdire les logements énergivores, qui « ne concernerait que 1 à 2 % des passoires actuellement en location, ce qui ne permettra pas de lutter contre la précarité énergétique ». Elle s’insurge aussi de l’absence d’obligation de rénovation, pourtant « préconisée par la convention citoyenne pour le climat et essentielle à l’efficacité du dispositif ». (...)
A l’instar de Matthieu Orphelin, Les Amis de la Terre se montrent quant à eux très réservés sur la portée réelle du moratoire sur les zones commerciales, rien n’étant acté concernant les entrepôts de e-commerce. (...)
Pour les deux ONG, ces premières annonces n’ont de fait rien de très rassurant, quelques semaines seulement après que la convention citoyenne a remis ses travaux. Pour Greenpeace, « ce quinquennat s’achemine péniblement vers une impasse pour l’écologie ». L’organisation accuse :
"« Le gouvernement s’engage dans un processus dilatoire et tente de réduire l’écologie à de petits sujets, pour mieux écarter les propositions qui le dérangent tout en faisant jouer aux 150 citoyens tirés au sort un rôle qui n’est pas le leur. » (...)