Rob Hopkins a initié un mouvement peu connu en France, mais qui a essaimé partout dans le monde. Celui des villes en transition, ou plus simplement de « la Transition ». Le but est de vivre dès maintenant comme s’il n’y avait déjà plus de pétrole. Anticiper la crise climatique pour mieux la stopper. Inventer une société post-pétrole, une économie post-croissance.
(...) Aujourd’hui, Rob Hopkins répand partout cette envie de faire — sans trop se déplacer car il a décidé de ne plus prendre l’avion et il se tient à cet engagement écologique. Il sait adapter son discours pour qu’il touche ses interlocuteurs quels qu’ils soient, à grand renfort d’anecdotes bien choisies, d’un choix des mots pragmatique, mais avec une sincérité et une volonté qui ne peuvent laisser indifférent. S’il veut tant convaincre, c’est que c’est sa seule façon de changer le futur et d’enrayer le changement climatique et la crise sociale (...)
Il y a aujourd’hui plus de 1170 groupes de transition, dont quatre cents en Grande-Bretagne, impliquant plusieurs dizaines de milliers de « transitionneurs ». Vous ne vous êtes guère exprimé dans les grands médias, on ne peut pas parler de marketing, ni même de militance, comment se passe-t-on le mot ?
Précisons d’abord que cela a marché parce que nous avons travaillé très dur. Mais c’est aussi une de ces idées qui viennent mettre un mot sur des pratiques déjà établies. Tant de gens qui faisaient de l’agriculture urbaine, imaginaient l’autonomie énergétique ou des monnaies locales, se sont reconnus dans la transition. Mon blog a reçu une attention immédiates en 2006. Avant même que je ne publie le Manuel de transition (2008), on m’a montré la vidéo d’une femme qui présentait parfaitement la transition en Nouvelle-Zélande. Nous étions en 2007. La transition était devenue virale !
J’ai écrit ce premier manuel parce que je ne pouvais plus répondre à chacun. C’est ainsi que nous avons formulé l’idée d’un réseau de transition. (...)