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Éthiopie : 353 millions d’arbres contre le réchauffement climatique
Article mis en ligne le 2 août 2019

Voici le genre de nouvelle qui donne du baume au cœur. Ce 29 juillet, l’Éthiopie a réalisé un record mondial en plantant 353 millions d’arbres en 12 heures. Il s’agit d’une opération de reboisement exceptionnelle pour lutter contre le réchauffement climatique.

Pendant toute la journée du 29 juillet, les services administratifs de la capitale, Addis-Abeba, avaient été fermés afin que les fonctionnaires de la ville joignent leurs forces pour réussir cette prouesse.

Même le Premier ministre, Abiy Ahmed, a participé.

Dans tout le pays, plus de 1000 événements ont été organisés pour permettre à la population de participer à cette opération massive. Le dernier record en date était détenu par l’Inde et avait mobilisé 1,5 million de personnes afin de planter 66 millions d’arbres en une journée.

Pour l’Éthiopie, ce record n’est pourtant qu’une étape puisque cette opération fait partie d’un plan national appelé #GreenLegacy (Héritage Vert) qui vise à planter 4 milliards d’arbres d’ici la la fin du mois de septembre : un objectif ambitieux, mais déjà bien entamé avec cette première action massive.

Symboliquement, l’ambassade d’Ethiopie en France a même planté 20 arbres dans son jardin à Paris pour participer aussi à l’évènement.

Lire aussi :

 L’Ethiopie veut planter 4 milliards d’arbres
(...) Les efforts récents de replantation ciblent des régions d’où les arbres ont disparu au fil des années, explique Seyoum Billene. Selon elle, des espèces d’arbres différentes ont été plantées en fonction des régions. Selon l’ONU, la couverture forestière de ce pays africain a chuté de 35% au début du XXe siècle à un plus de 4% dans les années 2000, rapporte la BBC. (...)

Certains des jeunes plants et arbustes sont aussi arrivés de l’étranger. La reforestation tient une large part dans les efforts mondiaux pour absorber les émissions de CO2. Elle permet aussi de purifier l’eau, produire de l’oxygène et renforcer le revenu des agriculteurs, rapporte Tim Christophersen, président du Partenariat mondial sur la restauration des forêts et des paysages. Mais selon lui, planter des arbres n’est que la première étape. (...)

« On ne parle pas tant de planter des arbres que de les faire pousser », souligne-t-il. (...)

Cette campagne de reforestation en Ethiopie s’inscrit dans un projet environnemental plus vaste, connue sous le nom de « Green Legacy Initiative » (Initiative d’héritage écologique), qui prévoit de nettoyer les cours d’eau et de rendre l’agriculture plus durable. (...)

Comme le note la BBC dans son article, si la plantation des 350 millions d’arbres a globalement été saluée certains reprochent à Ahmed Abiy d’utiliser cette campagne pour distraire la population des défis auxquels le gouvernement est confronté, notamment les conflits ethniques qui ont contraint quelque 2,5 millions de personnes à quitter leur domicile.

 Éthiopie : le retour des arbres perdus
Ce travail de reforestation promet d’être long et difficile, mais il est devenu une nécessité. Car là où les arbres surgissent, de petites oasis fertiles font aussi leur réapparition. Dans la région du Tigray qui a souffert de la famine dans les années 1980, les habitants l’ont bien compris. La reforestation permet aux terres stériles de se transformer en laissant les arbres accomplir leur œuvre : faire de l’ombre, briser le vent, nourrir la terre et irriguer naturellement les cultures.

Pendant ce temps, le long des routes du pays, plusieurs tonnes d’eucalyptus fraîchement coupés continuent à s’entasser. Importés d’Australie, utilisés pour la construction et la fabrication de meubles, les eucalyptus sont une source de revenus importante pour les Éthiopiens. Mais ces "arbres-vampires" appauvrissent dangereusement les sols, ne laissant aucune chance de survie à ceux qui les entourent. Inquiets, des biologistes encouragent la plantation d’espèces autochtones pour préserver la biodiversité de ce pays de la Corne de l’Afrique.

 L’eau est de retour à Madiorano grâce au reboisement
Posté le 30 août 2017

Grâce à la mise en terre de près de 60 000 jeunes plants autochtones en deux années, 24 ha de forêts ont été restaurées de manière active et 150 ha se sont régénérées de façon naturelle à Ampaniteno (COFAV). Et avec cette nouvelle forêt, trois sources d’eau qui se sont taries autour du village fournissent de nouveau de l’eau aux habitants. (...)

 Comores Lancement de la campagne de reboisement 2018 : Ensemble avec Dahari pour la protection de nos ressources en eau
(...)
Au total ce sont 913 plants qui ont été mis en terre par les participants avec une grande fierté d’avoir contribué à la préservation de l’environnement. Cette année, le programme de reboisement de Dahari prévoit de mettre en terre 10 000 plants composés d’espèces forestières, fruitières et à croissance rapide, dans les villages d’Outsa, Adda, Ouzini et Lingoni. Les principaux résultats attendus sont de limiter l’impact environnemental de la déforestation sur l’île d’Anjouan (un des plus haut taux au monde : 9,3%/an) et de protéger les ressources en eau et les espèces faunistiques endémiques aux Comores.

En effet, le constat amer des sécheresses enregistrées ces dernières années, qui a engendré la disparition de plus de 40 des 50 rivières permanentes de l’île d’Anjouan, ne laisse indifférentes ni les autorités politiques, ni les communautés qui vivent déjà régulièrement des pénuries d’eau. Ces communautés assistent également impuissantes aux destructions des productions agricoles de plus en plus importantes pendant les périodes sèches (KUSSI) de l’année. Plusieurs causes expliquent cette situation, notamment les phénomènes naturels liés aux changements climatiques mais aussi les déforestations massives faites par les populations afin de répondre à leurs besoins primaires. (...)

 Espagne : le reboisement intensif fait polémique
En Espagne, la reforestation est en pleine expansion. D’importantes subventions encouragent les propriétaires à planter des arbres. Mais cette reforestation, loin d’être sans danger, ne fait pas l’unanimité. (...)

L’objectif n’est pas seulement environnemental, il est aussi économique. Ici, la majorité du bois coupé sert à fabriquer du papier, 6 milliards de tonnes par an. Pour fournir cette industrie, un arbre fait polémique : l’eucalyptus. Importé d’Australie au XIXe siècle, il a colonisé la Galice. 600 000 hectares aujourd’hui, soit 65% de plus qu’en 2000. L’eucalyptus a donc remplacé une bonne partie des espèces locales, comme le dénoncent des militants écologistes. Car ces "déserts verts" représentent une menace pour la biodiversité : pas d’oiseaux, pas de champignons, la vie est presque absente, contrairement aux autres forêts de la région.
Reboiser autrement ?

L’eucalyptus est également accusé de faciliter la propagation des feux de forêt qui ravagent l’Espagne chaque année. Les écologistes ne sont pas les seuls à remettre en cause la politique de reforestation. Certains agriculteurs se voient privés d’une partie de leurs terres : les eucalyptus voisins sont très gourmands en eau et absorbent celle du sous-sol. Plus rien ne pousse, ni herbe ni maïs.(...)

 Techniques forestières et innovations dans les opérations de reboisement

1Diverses tentatives d’édification de murailles vertes existent : le barrage vert algérien qui a connu quelques succès, pas mal de déboires et des réorientations importantes, ou la grande muraille verte de Chine, gigantesque projet d’aménagement intégré associant plantations de ligneux et semis de plantes herbacées. Le concept récent de la Grande Muraille Verte (GMV) « précise qu’il s’agit de réaliser l’installation et la mise en valeur intégrée d’espèces végétales à valeur économique adaptées à la sécheresse, de bassins de rétention, de systèmes de production agricoles et d’autres activités génératrices de revenus, ainsi que des infrastructures sociales de base » (Bellefontaine et al., 2011). Cette bande verte au sud du Sahara (de Dakar à Djibouti), large de 7 à 15 km, est située entre les isohyètes 100 et 400 mm, principalement en zone sahélienne.

2Rares sont les chercheurs qui contestent aujourd’hui que le Sahel souffre de la dégradation des terres à la suite de l’exploitation (par des techniques non recommandées) du couvert végétal et des ressources en eau. D’aucuns contestent les méthodes utilisées, notamment pour estimer la dynamique du tapis herbacé (Hein et al., 2011). Dans les zones arides, la végétation herbacée domine, avec très peu ou pas de ligneux, sauf dans les bas-fonds ; sa dynamique dépend d’un facteur d’efficacité d’utilisation des rares pluies, dont tiennent compte les bergers. Mais, les ligneux (arbres, arbustes, buissons) sont des éléments majeurs des écosystèmes semi-arides et sud-sahéliens notamment (steppes et savanes arbustives ou arborées). Ils participent pour une large part au développement et à l’autonomie des populations rurales de ces régions. Si dans certaines régions sahéliennes, le développement d’activités agro-sylvo-pastorales raisonnées et adaptées par les populations locales a permis un rétablissement progressif du couvert arboré et des végétaux annuels (Peltier et al., 1994 ; Reij et Botoni, 2009 ; Masse et al., 2011), il n’en va pas de même partout.

3Les chercheurs et beaucoup d’ONG se sont mobilisés dès les années 1960 sur des thèmes sectoriels tels que la fixation des dunes, la dormance d
es graines, les dispositifs de défense et restauration des sols, les reboisements industriels puis villageois, la cartographie par interprétation de photos aériennes, etc. Certaines de ces expériences ont contribué à faire émerger depuis les années 1980 les connaissances des pratiques et savoirs traditionnels (méconnus en général par les forestiers) et ont également permis d’affiner les techniques qui ont récemment fait leurs preuves (implication complète des populations durant tout le processus d’analyse multidisciplinaire de l’état des lieux ; stratégie d’énergie domestique ; régénération naturelle assistée ; démarrage d’activités de domestication par multiplication végétative des meilleurs clones ; gestion durable des eaux et des sols ; approche correcte de l’éclaircissement – ou dédensification – de terroirs par image à très haute résolution ; etc.). (...)

 LE REBOISEMENT ET LE REGIME DES EAUX EN FRANCE (...)
L’action des forêts sur les pluies, très difficile à préciser dans nos pays, est donc parfaitement accusée dans les pays chauds, et constatée par de nombreux exemples. M. Boussingault rapporte que dans la région comprise entre la baie de Cupica et le golfe de Guayaquil, région couverte de forêts immenses, les pluies sont presque continuelles, et que la température moyenne de cette contrée humide s’élève à peine au-dessus de 26 degrés. M. Blanqui, dans son voyage en Bulgarie, raconte qu’à Malte les pluies étaient devenues si rares depuis qu’on avait fait disparaître les arbres pour étendre la culture du coton, qu’à l’époque de son passage (octobre 1841), il n’y était pas tombé une goutte d’eau depuis trois ans. Les affreuses sécheresses qui désolent les îles du Cap-Vert doivent également être attribuées au déboisement. A l’île de Sainte-Hélène, où la surface boisée a considérablement augmenté depuis quelques années, on a remarqué que la quantité de pluie s’était accrue dans la même proportion ; elle est aujourd’hui le double de ce qu’elle était pendant le séjour de Napoléon. En Egypte enfin, des plantations récentes ont amené des pluies à peu près inconnues jusqu’alors.

Dans nos climats tempérés au contraire, le morcellement de nos forêts empêche de déterminer exactement l’influence qu’elles exercent sur les pluies. (...)