Lorsque l’électorat américain a réélu George W. Bush en novembre 2004, contre le vœu de la majorité de l’opinion mondiale, l’intellectuel français Zaki Laïdi a intitulé son commentaire : « Les lumières s’éteignent en Amérique ». Les lumières ? Il voulait dire la raison et le progrès, battus en brèche par l’incantation, la démagogie, le refus de la science, la montée du religieux.
Ce cocktail puissant avait alors réuni 62 millions d’électeurs, un record, autour du « born again », va-t-en-guerre Bush (contre 59 millions pour le candidat démocrate John Kerry). Il s’agissait d’un réel mouvement populaire, mis au service d’intérêts économiques et financiers sans scrupules, conduisant l’Amérique et le monde à une crise économique profonde et, on le sent maintenant, durable...
Le fertile terreau de la droite folle est la misère économique de millions d’Américains, jetés à la rue, perdant emploi et logis à cause de politiqued insensées de laissez-faire financier mises en avant… par l’idéologie conservatrice même qui anime aujourd’hui le populisme de droite....
...« Ils portent une nouvelle et audacieuse rhétorique selon laquelle des programmes gouvernementaux établis de longue date constituent une “tyrannie” et ils rejettent toute sensibilité envers les pauvres et les chômeurs comme du “socialisme”. » ...
...Il est aujourd’hui politiquement suicidaire de défendre publiquement la notion de séparation de l’église et de l’Etat au pays de Jefferson (un athée). Même Obama ne s’y risque pas....