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Le Monde
Energies fossiles : les 425 « bombes climatiques » qui pourraient réduire à néant la lutte contre le réchauffement
Article mis en ligne le 15 mai 2022

Les émissions cumulées des plus grosses infrastructures de charbon, de pétrole et de gaz exploitées par l’industrie ou en projet sont deux fois supérieures au budget carbone à ne pas dépasser pour rester sous les 1,5 °C de hausse des températures.

Le projet Red Hill en Australie, Montney Play ou Christina Lake au Canada, la mine de Hongshaquan en Chine, celles de Hambach et Garzweiler en Allemagne… Cette liste déterminera, en grande partie, l’avenir de la planète. Pour la première fois, des chercheurs ont identifié et localisé les plus grands projets d’extraction de combustibles fossiles au monde. Ils leur ont aussi donné un nom : les « bombes carbone » ou « bombes climatiques », qu’ils définissent comme les infrastructures de charbon, pétrole et gaz qui pourraient émettre plus d’un milliard de tonnes de CO2 sur leur durée d’exploitation. (...)

Selon ces travaux, publiés jeudi 12 mai dans la revue Energy Policy, le monde compte aujourd’hui 425 « bombes climatiques », d’ores et déjà en opération ou encore à l’état de projet, réparties dans 48 pays. Si toutes étaient exploitées jusqu’à leur terme, leurs émissions potentielles combinées représenteraient deux fois le budget carbone mondial – c’est-à-dire le plafond d’émissions – à ne pas dépasser pour espérer maintenir le réchauffement climatique à 1,5 °C par rapport à l’ère préindustrielle. De quoi réduire à néant les objectifs de l’accord de Paris sur le climat et la lutte contre le dérèglement climatique. (...)

Fermer les « bombes carbone » : une priorité

Ces dernières années, les scientifiques, mais aussi les plus grandes organisations internationales, ont martelé la nécessité de sortir du charbon, du pétrole et du gaz. (...)

Pourtant, la question des énergies fossiles, responsables de 80 % des émissions de gaz à effet de serre, n’a jusqu’ici pas été suffisamment au cœur des négociations climatiques, rappelle Kjell Kühne, doctorant à l’université de Leeds au Royaume-Uni, auteur principal de l’étude, et aussi l’un des fondateurs de la campagne Leave it in the Ground (« Laissez-le dans le sol »), lancée fin 2011. La COP26, qui s’est tenue en Ecosse à l’automne 2021, a ainsi été la toute première à voir les pays s’engager collectivement à diminuer l’utilisation du charbon. (...)

L’Allemagne, par exemple, compte deux « bombes carbone », qui sont deux mines de lignite : les fermer devrait être une priorité, estiment les auteurs de l’étude. Au total, 40 % des 425 projets et infrastructures n’avaient pas démarré leur production en 2020.