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En cinq jours, j’ai réduit mon empreinte écologique
Article mis en ligne le 8 janvier 2018

L’empreinte écologique mesure en hectares la part de la planète « utilisée » pour produire les ressources que nous consommons. Si nos modes de vie sont trop gourmands pour que la Terre s’en sorte indemne, il existe des moyens pour réduire notre ponction. Que notre reporter a commencé à appliquer au quotidien.

« Si l’ensemble de la population mondiale avait la même empreinte que vous, il faudrait 2,83 planètes », m’explique-t-on, à la fin du test sur le site suisse de WWF, avant de m’indiquer sèchement : « Soyez vigilant. » De mon côté de l’écran, c’est la consternation : je découvre que mon impact environnemental est atrocement élevé. (...)

Végétarienne depuis cinq ans, je mange majoritairement bio et j’évite de mettre le chauffage trop fort en hiver (même si ça, c’est surtout pour des raisons budgétaires). Bref, j’étais persuadée de m’en sortir pas trop mal. Là, c’est sûr qu’avec 12,34 tonnes annuelles de CO2, je fais figure de mauvaise élève quand la moyenne mondiale avoisine les 7 tonnes de CO2 par habitant.

Désemparée, je scrute mon appartement à la recherche d’un coupable. (...)

Pendant une semaine, j’ai ainsi décidé de cibler mes « angles morts écolos » pour réduire au maximum mon impact environnemental. Histoire de changer mes (mauvaises) habitudes du quotidien, mais surtout de réussir à passer en dessous des deux planètes nécessaires à notre existence.

 LUNDI : « Le chauffage idéal, c’est 16 °C la nuit et 19 °C la journée » (...)

 « Oublie définitivement le mode veille ou veille prolongée de ta télévision et de ton ordi, car cela consomme environ 10 % d’électricité en plus, glisse-t-elle. Surtout, pense à bien débrancher les chargeurs. » Et éteindre ma box la nuit. « C’est comme dégivrer son congélo, les gens n’y pensent pas, mais c’est beaucoup en matière de consommation énergétique à long terme. » (...)

 En pratique — J’ai réduit le chauffage et investi dans des multiprises, « pour tout éteindre d’un coup le soir » et des ampoules à LED, « qui consomment beaucoup moins d’électricité », comme me l’a indiqué Camille.

 MARDI : « Comment ça, plus de tomates en hiver ? » (...)

Ne consommant ni viande ni poisson, j’ai déjà limité les dégâts, car c’est clairement ce qui pèse le plus dans la balance. Pour produire un kilo de bœuf, plus de 13.000 litres d’eau sont nécessaires ; par comparaison, il en faut 590 pour 1 kilo de pomme de terre…

Pour le moment, c’est l’heure du tri. Au milieu des panais et des poireaux, j’ai vite identifié les coupables, soit six tomates, une aubergine, deux avocats et le reste d’un plat cuisiné (des raviolis). Premier constat : les légumes de saison sont très présents dans les esprits, mais nettement moins dans mon assiette. Deuxième constat : manger une ratatouille début décembre, c’est désastreux pour l’environnement. Bon, je m’en doutais un peu, mais pas à ce point-là. Une tomate cultivée en hiver, c’est 20 fois plus de gaz à effet de serre, selon l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe). En cause ? La forte consommation énergétique nécessaire pour chauffer les serres en hiver ou, sinon, l’acheminement des tomates cultivées à l’étranger. Et l’aubergine ne s’en sort pas mieux.

Concernant les deux avocats, c’est encore pire. Importés majoritairement du Mexique, le premier producteur mondial devant la République dominicaine et le Pérou, les avocats nécessitent 1.000 litres d’eau pour en produire un kilo (soit à peine trois fruits…). (...)

En pratique — À partir d’aujourd’hui, je troque les tomates et les avocats contre des courges spaghetti. Cela me coûte beaucoup moins cher et surtout, je réduis mon empreinte écologique de 300 m2, selon le WWF.

 MERCREDI : En banque, l’argent à l’odeur des gaz à effet de serre (...)

« 5.000 euros sur un compte en banque moyen ou placé en assurance vie polluent autant que l’utilisation d’un 4x4 », écrivait ainsi Stanislas Dupré dans son ouvrage publié en 2010, Que font-ils de notre argent ? (...)

En pratique — Je transfère mon épargne vers une banque éthique comme la Nef et mon compte courant vers le Crédit coopératif ou la Banque postale. « Comme ça, votre empreinte environnementale baissera et votre argent sera utilisé à bon escient. »

 JEUDI : « Mousseurs », « brise-jets »… des astuces pour réduire sa consommation d’eau (...)
La priorité est d’investir dans des dispositifs hydroéconomes, encore trop méconnus. « C’est simple, c’est pas cher, et ça donne vite des résultats », résume Camille. Première étape, les aérateurs d’eau, également appelés « mousseurs » ou encore poétiquement « brise-jets ». Vissés sur les robinets, « ils injectent des bulles d’air dans l’eau pour réduire ta consommation, le débit reste similaire, mais ta consommation est réduite de moitié ». Pour la douche, le fonctionnement est le même, sauf qu’il s’agit de remplacer mon pommeau habituel, par une « douchette » à économie d’eau, qui peut diminuer le débit « à 7 litres par minute, quand les pommeaux traditionnels sont plus proches des 16 litres », selon 60 millions de consommateurs.

Autre astuce : « Installe une bouteille en plastique remplie dans le réservoir de ta chasse d’eau pour diminuer son volume. » Alors qu’une chasse d’eau classique peut consommer jusqu’à 12 litres d’eau potable, cette combine permet de limiter le gaspillage. (...)

En cumulant ces différents dispositifs et en faisant attention à ne pas laisser mes robinets ouverts inutilement, je peux espérer économiser près de 20 m3 d’eau par an.

 VENDREDI : Apprendre à refuser les futurs déchets (...)

Nous produisons chacun en moyenne près de 350 kg de déchets chaque année. Chez moi, cela se traduit par environ un sac-poubelle par semaine. (...)

« Évite d’acheter des légumes sous vide dans les supermarchés et commence par faire tes courses en vrac dans les marchés et les Biocoop, en utilisant tes propres contenants. »

L’autre conseil essentiel, c’est d’« apprendre à refuser ». De la publicité qui envahit ma boîte aux lettres, à la paille ou la touillette en plastique que l’on me propose dans un bar, en passant par les échantillons gratuits à la pharmacie et les sacs en plastique qui font de la résistance malgré leur interdiction, il faut que je pense à systématiquement décliner l’offre de ce surplus de plastique et de papiers dans mon quotidien. (...)

Prochaine étape : installer un compost sur ma minuscule terrasse et réaliser mes propres produits d’entretien.

SAMEDI : Le bilan de la semaine (...)