Depuis seize ans, les habitants de Rosia Montana luttent contre un projet de mine d’or qui ravagerait leur village. De plus en plus nombreux sont les Roumains qui partagent leur combat, et le gouvernement a dû reculer lundi 9 septembre. Reporterre était avec les manifestants qui, à Paris aussi, ont marqué leur refus d’un nouveau désastre écologique.
Presque chaque jour depuis début septembre, des milliers de personnes ont défilé dans la capitale Bucarest et les grandes villes du pays. Les manifestations ont essaimé jusqu’en France avec un rassemblement vendredi 6 septembre à Paris, dont Reporterre était témoin.
Partout, des banderoles proclamant "Non au cyanure". Car si la compagnie canadienne Gabriel Ressources réussit à lancer son projet de mine d’or à Rosia Montana, 12.000 tonnes de cyanure seraient utilisées chaque année pour extraire l’or. Soit douze fois plus que la quantité de cyanure actuellement utilisée par an dans toute l’Europe.
En Roumanie, la mobilisation de dimanche a été massive. Au point que le Premier Ministre Victor Ponta a annoncé lundi 9 septembre qu’il renonçait à son projet de loi exceptionnelle. (...)
Dans le pays, l’Ordre des architectes de Roumanie ou encore l’association Architecture, Restauration, Archéologie (ARA : Arhitectura. Restaurare. Arheologie) demandent le classement du village au patrimoine mondial de l’UNESCO. Mais le ministère de la culture refuse d’inscrire le site sur la liste des sites candidats.
C’est pour cela qu’à Paris, la manifestation de soutien des opposants au projet s’est déroulée devant l’UNESCO vendredi. Quelques dizaines de personnes ont répondu à l’appel des associations roumaines OVR Solidarités, Pro Patrimonio France, Rencontre du patrimoine Europe-Roumanie. (...)
A l’annonce du rejet de la loi, l’action en bourse de Gabriel Ressources a perdu plus de 50% de sa valeur=ASC]. Mais la compagnie a immédiatement répondu par un communiqué : "Si le projet de loi est rejeté, la compagnie évaluera toutes les voies de recours possibles, [...] y compris des poursuites pour violations multiples des traités internationaux d’investissement."