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En Loire-Atlantique, l’opposition monte contre le bétonnage de terres par un « surf park »
Article mis en ligne le 19 octobre 2019

Près de Saint-Nazaire, un projet de bassin à vagues sur 8 hectares de terres agricoles, à Saint-Père-en-Retz, suscite le rejet d’une partie de la population et des écologistes. Une manifestation aura lieu dimanche 20 octobre et un camp de résistance se monte à proximité.

« Une vague parfaite, disponible tous les jours sur demande, quelle que soit la météo. » Telle est la promesse annoncée sur le site du Bergerie Surf Camp : un projet de bassin permettant de créer des vagues artificielles pour pratiquer des sports nautiques, que des entrepreneurs locaux souhaiteraient construire à Saint-Père-en-Retz, en Loire-Atlantique. Le maire de cette commune de 4.500 habitants les soutient, les travaux sont prévus pour 2020. Le plan local d’urbanisme (PLU), permettant de détruire huit hectares de terres agricoles pour en faire un terrain de loisirs, a été validé en décembre 2018. Mais, l’idée ne réjouit pas tout le monde, et l’opposition s’organise, sur place et au-delà. « Nous avons eu connaissance de ce projet via un article de presse. Il n’y a pas eu de réunion publique, c’est un déni de démocratie », dit Yoann, membre du collectif Terres communes, créé par des maraîchers contre l’accaparement des terres agricoles en Loire-Atlantique.

Depuis le début de l’année, plusieurs collectifs luttent contre le « surf park ». Ils pointent du doigt l’artificialisation de terres agricoles et la consommation d’énergie et d’eau que nécessitera ce bassin artificiel, dans un contexte de raréfaction des ressources. (...)

« La question, c’est aussi : quelle forme de tourisme nous voulons ? » (...)

Le 20 juillet, des opposants se sont rassemblés sur le terrain qui doit accueillir le Surf Camp, en vue de préparer une manifestation et de s’y installer. Ils se sont retrouvés face à un groupe d’agriculteurs, dont l’un loue actuellement le terrain, et les échanges ont viré à l’affrontement. Cette épisode, qualifié de douloureux par tous, a créé des dissensions entre des groupes d’opposants, aux stratégies divergentes.
Un camp de résistance à proximité

Un groupe a décidé de s’installer sur un terrain appartenant à un membre du collectif Terres communes, à Chauvé, à une dizaine de kilomètres, pour créer un camp de résistance appelé « Zap la vague », comme « zone à protéger ». Une petite dizaine de personnes vit sur place, rejointe ponctuellement par d’autres lors de chantiers collectifs. Ils ont prévu d’y passer l’hiver, pour organiser la lutte contre le surf park, mais aussi contre d’autres projets des environs, notamment un projet de parc industriel de 110 hectares en bord de Loire, à Frossay (Loire-Atlantique). L’association le PRE, quant à elle, mise sur la bataille juridique. (...)

Une manifestation, à l’appel de Terres communes, est organisée ce dimanche 20 octobre, à Saint-Père-en-Retz. Un collectif de soutien à cette lutte a été créé à Nantes, à moins de 50 kilomètres, et appelle à les rejoindre. (...)

Autre soutien moins attendu : le président du département de Loire-Atlantique, Philippe Grosvalet (PS) a rendu public, lundi 14 octobre, un courrier dans lequel il « sollicite officiellement le préfet » pour que le projet Bergerie Surf Camp « fasse l’objet d’une procédure complète d’évaluation environnementale incluant notamment la réalisation d’une enquête publique ». Le surf park va-t-il faire flop ? Vendredi 18 octobre, le préfet, qui n’est pas obligé légalement de répondre favorablement à cette requête, n’avait pas donné suite.