Le week-end des 26 et 27 septembre 2020, à Aix-la Chapelle (Allemagne), près de 3.000 activistes pour la justice climatique ont bloqué, seize heures durant, les infrastructures d’exploitation du charbon et de gaz dans le bassin minier de Rhénanie, en Allemagne. C’était la septième édition de cette action.
Cette année, ils visaient les centrales à charbon de Neurath, Niederaußem et Weisweiler. Alimentées par trois gigantesques mines à ciel ouvert, exploitées par la compagnie d’électricité RWE, elles émettent à elles seules 75 millions de tonnes de CO2 par an.
L’Allemagne a adopté un plan national de sortie du charbon le 3 juillet dernier, mais les militants sont mécontents du calendrier retenu par les autorités, lequel s’étale… jusqu’en 2038. Un rythme qu’ils jugent incompatible avec le respect des engagements pris par l’Allemagne lors de l’Accord de Paris, en 2015, visant à maintenir le réchauffement en deçà de 1,5 °C.
« Lorsque les lois échouent, les activistes bloquent », ont répondu les participants à l’action Ende Gelände 2020. (...)
« Le gaz propre est un sale mensonge », a expliqué l’une des porte-parole, Kim Solievna. « La sortie du charbon ne doit pas devenir la porte d’entrée de gaz », souligne le collectif.
Des dizaines de personnes ont également occupé et rouvert symboliquement l’auberge du village de Keyenberg. Voisin de la mine, ce village a été évacué et est aujourd’hui menacé de destruction. Keyenberg n’est pas la seule commune victime des appétits industriels pour le lignite : les députés allemands ont entériné, à partir de 2024, la destruction de cinq villages à proximité, et près de 1.500 habitants sont concernés.
Selon un communiqué des organisateurs, les actions de blocage et d’occupation qui se sont déroulées ce week-end « ont fait l’objet d’une répression sévère. (...)