Bandeau
Marie-Claude Saliceti
Travail de fourmi, effet papillon...
Descriptif du site
l’OBS
Emmanuel Macron et la « République exemplaire » introuvable
#politique #Macron
Article mis en ligne le 31 mars 2023

Il avait promis une moralisation radicale de la vie publique pour restaurer la confiance. Las, le quinquennat se termine par une litanie de scandales.

(...) l’exercice du pouvoir a comme inversé le rapport du président de la République à l’exigence d’exemplarité. Non seulement il n’a cessé d’afficher une forme de défiance et de désinvolture à l’égard de la moralisation de la vie politique, mais il s’est mué en « lanceur d’alerte » face au spectre d’une « République du soupçon »… Les signaux de cette défiance n’ont cessé de se multiplier tout au long d’un mandat qui reste marqué par l’« affaire Benalla ». (...)

Manifestement, La République en Marche se conjugue mal avec la « République exemplaire ». Une tare qui n’est certes pas propre à la majorité au pouvoir. Mais le pouvoir oblige. Aussi, ne s’agit-il pas seulement d’une question d’éthique politique, mais de confiance et de légitimité démocratiques. Les résultats du « Baromètre de la confiance politique » réalisé chaque année par le CEVIPOF de Sciences Po nous offrent une image saisissante de la défiance des citoyens à l’endroit des institutions et de ceux qui les incarnent. Outre l’expression d’une profonde insatisfaction quant au fonctionnement de notre démocratie, une forte majorité des personnes interrogées jugent régulièrement que les élu(e)s et les dirigeant(e)s politiques français(es) sont plutôt corrompu(e)s…

Chronique politico-judiciaire du quinquennat

Malheureusement, le quinquennat d’Emmanuel Macron n’est pas de nature à infirmer cette tendance. Il serait particulièrement fastidieux de faire ici de la litanie de membres de la majorité poursuivis par la justice, sans que leur situation n’ait empêché leur nomination ou leur maintien en fonction au gouvernement ou au cabinet de président de la République. Certains cas symptomatiques méritent d’être rappelés. Ainsi deux ministres ont été nommés alors qu’ils étaient sous le coup d’une enquête judiciaire : Gérald Darmanin, devenu ministre de l’Intérieur, malgré une plainte pour « viol », « harcèlement » et « abus de confiance » ; de même que son successeur au poste de ministre délégué chargé des Comptes publics, Olivier Dussopt, qui a été également nommé alors qu’il faisait l’objet d’une enquête du Parquet national financier (PNF) pour « corruption » et « prise illégale d’intérêts ». (...)

À l’incongruité s’ajoute l’exceptionnalité dans le cas du ministre de la Justice en exercice, Eric Dupond-Moretti, mis en examen par la Cour de justice de la République pour « prise illégale d’intérêts ». C’est sans précédent sous la Ve République (...)