Qui, depuis le début des réformes de la retraite, n’a entendu ces parents éplorés déplorer que leurs enfants ne bénéficieront plus de cet avantage social ? Eh bien, c’est une erreur, car le fossé béant entre la cessation effective d’activité et la perception d’une retraite dûment méritée ne pourra pas continuer à se creuser éternellement.
En France, l’âge moyen de sortie effective du marché du travail se situe à 59,7 ans pour les hommes, 60 ans pour les femmes (source : OCDE 2013). Et le taux d’emploi des seniors entre 55 et 64 ans est seulement de 44,5 % (source : Insee 2012).
Comme tous les pays membres de l’UE, la France fait des efforts désespérés (et vains à l’heure qu’il est) pour tenter de porter ce taux d’emploi au-delà des 50 %. Mais même en admettant qu’il soit possible d’y parvenir, ce serait encore bien loin du compte pour prétendre au plein-emploi chez les citoyens blanchis sous le harnais.
Plus grave, cela ne ferait que reporter une partie du problème sur les plus jeunes dont le taux de chômage explose et l’entrée dans la vie active recule.
La tendance est à la diminution de la durée globale du travail
On mesure là le cul-de-sac dans lequel s’engouffre le monde d’avant avec ces réformes frénétiques sur les retraites. On mesure toute l’absurdité à courte vue des raisonnements spécieux sur l’allongement de la durée de vie qui sont supposés les motiver.
Le problème (nous y reviendrons en détail dans un prochain épisode de la série), c’est que l’allongement de la durée de vie est inversement proportionnel à la quantité de travail disponible, sinon même nécessaire.
En attendant, l’âge officiel de départ à la retraite étant fixé aujourd’hui à 65 ans, le fossé entre la cessation effective d’activité et sa rémunération sous forme d’allocations de retraite est supérieur à 5 ans. Et il y a toutes les chances que nos autorités cherchent à le creuser encore. (...)