Les victimes de violences policières se voient souvent reprocher en retour d’avoir insulté les agents ou de leur avoir résisté. Une criminalisation des plaignants qui peut entraver la justice.
« Si les policiers m’avaient dit “madame, on vous arrête”, je les aurais suivis, je ne me serais pas opposée. » Et Caroline L. n’aurait pas comparu, le 7 juin devant le tribunal correctionnel de Paris. Les agents lui reprochent des faits d’outrage et de rébellion au cours d’une manifestation anti-pass sanitaire, à Paris en septembre dernier. Les fonctionnaires étaient absents du procès, et n’y étaient pas représentés. Mais selon leurs procès-verbaux, la femme de 44 ans a « bloqué leur route avec une banderole et donné des coups de pied dans leur bouclier » en criant « ACAB » (acronyme de all cops are bastards, « tous les flics sont des salauds »), dans la station de métro Les Halles, avant de « résister avec violence » à son interpellation et de les insulter. (...)
« Ma version diffère nettement », prévient Caroline L. à la barre. Elle affirme qu’elle rangeait sa banderole dans son sac quand elle a « senti un coup violent sur [sa] tête ». Elle a tenté de se protéger en « saisissant la matraque », avant d’être « coincée au sol » par cinq policiers. « Ma poitrine était écrasée, je n’arrivais pas à respirer. J’ai commencé à perdre connaissance et entendu un policier me souffler à l’oreille “on va bien t’niquer ta race”. … (...)
Criminaliser les victimes de #violencespolicières à des fins de pression/répression est monnaie courante. La #LDH demande un encadrement des procédures d'outrage & rébellion et la création d’un service d’enquête indépendant et public de l’activité des FDO. https://t.co/KpLhR7aISb
— LDH France (@LDH_Fr) August 26, 2022