Bandeau
Marie-Claude Saliceti
Travail de fourmi, effet papillon...
Descriptif du site
Nouvel Obs
Delevoye démissionne de la présidence d’un think tank (un poste à 5 368 euros par mois)
Article mis en ligne le 11 décembre 2019

Le haut-commissaire aux retraites cumulait ce poste avec ses fonctions d’administrateur bénévole d’un institut de formation, l’Ifpass, et ses prérogatives au sein du gouvernement.

Deux démissions en deux jours… Le haut-commissaire aux retraites, Jean-Paul Delevoye, a décidé mardi 10 décembre de quitter ses fonctions au sein du groupe IGS, fédération d’associations indépendantes à but non lucratif, après « réexamen » de « sa situation personnelle », au lendemain d’une polémique sur sa déclaration d’intérêts, a indiqué son entourage à l’AFP.

« A ce jour, compte tenu des suspicions que certains n’ont cessé d’alimenter, j’ai mis un terme à toutes mes activités et je suis au clair par rapport à cela », a déclaré sans plus de détail Jean-Paul Delevoye devant l’Assemblée nationale, en réponse à une question du député LFI Adrien Quatennens. (...)

Le think tank Parallaxe est une émanation du groupe d’enseignement privé IGS, qui réunit 34 écoles et centres de formation en France, détaille « Capital », dans une longue enquête. Créé en 2017, Parallaxe s’est donné pour mission de remédier à « l’insatisfaction des étudiants concernant le système éducatif actuel » en faisant « vivre et évaluer l’impact d’un nouveau modèle éducatif articulé autour des valeurs », poursuit le magazine. Son président d’honneur : Jean-Paul Delevoye, qui, grâce à cette fonction, a côtoyé de nombreuses personnalités du monde de l’entreprise, souligne le mensuel.

Lundi, le haut-commissaire, accusé de conflit d’intérêts avec le milieu des assurances, avait démissionné de sa fonction d’administrateur bénévole d’un institut de formation du secteur, l’Ifpass (Institut de formation de la profession de l’assurance), qu’il occupait depuis 2016 mais n’avait pas déclarée, comme l’a révélé « le Parisien » en plein conflit sur la réforme des retraites. Une « erreur » et « une omission par oubli », avait réagi Jean-Paul Delevoye auprès du quotidien. (...)

Selon l’article 23 de la Constitution, « les fonctions de membre du gouvernement sont incompatibles avec l’exercice de tout mandat parlementaire, de toute fonction de représentation professionnelle à caractère national et de tout emploi public ou de toute activité professionnelle ». Mais, selon « Capital », Jean-Paul Delevoye estime que la présidence de Parallaxe n’avait rien d’une activité professionnelle, son entourage insistant sur le terme de « gratification » plutôt que rémunération… Mais dans sa déclaration d’intérêts, pointe le magazine, le haut-commissaire écrit pourtant bien « rémunération : 5 368,38 euros mensuels ».

« Capital » s’interroge en outre sur un possible conflit d’intérêts… « En tant que ministre, la conservation de cette fonction en parallèle pouvait légitimement interroger », commente notamment René Dosière, ancien député et président de l’Observatoire de l’éthique publique, auprès de « Capital ».
René Dosière : « C’est la fin du secret dépense »

Un deuxième coup dur pour l’homme qui incarne une réforme des retraites contestée dans la rue depuis le 5 décembre.

Lire aussi :

Déclaration d’intérêts de Jean-Paul Delevoye : Anticor saisit la HATVP