De Cahuzac à Saint Jacques, culture de mort et fantasme de toute puissance
Il eut mieux valu que le conducteur du train fou reliant Madrid à la Galice soit un joueur de casino. Il est en effet connu que les grands joueurs qui misent d’énormes sommes sont mus par une pulsion de mort et de transgression. Repousser les limites humaines. Ne pas accepter les règles communes. Un bon père de famille nourrit sa famille, un gestionnaire sérieux achète des obligations allemandes.
De Saint-Jacques à Cahuzac le train de la civilisation déraille sous l’influence d’individus pénétrés d’une culture de transgression et d’une pulsion de mort, un état d’esprit qu’on retrouve chez les grands joueurs de casino ou même chez certain traders qui, finalement, sont aussi des joueurs d’argent à leur manière, sauf que c’est l’argent des clients qu’ils misent. Ces fantasmes de toute puissance sont assez présents dans nos sociétés où règne l’argent fou et le pouvoir. Sarkozy est dans ce fantasme qui lui a permis néanmoins de parvenir au pouvoir suprême et de le gérer pendant cinq ans. BHL idem, avec une toute puissance maîtrisée lui permettant de se sublimer en devenant commissaire d’exposition grâce à ses relations avec de riches collectionneurs et ses réseaux. Il y a une toute puissance qui parvient à l’essentialiser dans nos sociétés mais aussi des transgressions qui conduisent vers des accidents, tragiques ou symboliques, de Saint-Jacques à Cahuzac. (...)