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France TV Info
Covid-19 : quelles sont les premières hypothèses des experts de l’OMS à Wuhan sur l’origine de la pandémie ?
Article mis en ligne le 12 février 2021
dernière modification le 11 février 2021

Après quatre semaines passées dans la ville chinoise considérée comme l’épicentre de l’épidémie, la mission de l’OMS n’a pas pu déterminer formellement quelle était l’origine du virus. Elle a toutefois écarté quelques pistes.

Des pistes, pas de révélations.

"Je pense que nous trouverons un jour, a jugé le zoologue britannique Peter Daszak, cela pourrait prendre du temps." Néanmoins, les experts ont déjà écarté certaines pistes.

Sur l’animal comme vecteur du virus

Une transmission du coronavirus depuis une première espèce animale vers une deuxième avant une contamination à l’être humain est l’hypothèse "la plus probable", a indiqué Peter Ben Embarek, chef de la délégation de l’OMS, lors de cette conférence de presse du 9 février. Selon l’équipe de l’OMS, la première espèce serait la chauve-souris. Quant à la deuxième espèce vers laquelle aurait migré le coronavirus, elle n’a "pas encore été identifiée", a ajouté Liang Wannian, le chef de la délégation de scientifiques chinois. (...)

Sur un virus échappé d’un laboratoire

L’hypothèse de la fuite du coronavirus d’un laboratoire est "hautement improbable", a affirmé Peter Ben Embarek. Cette théorie était notamment avancée par l’administration de l’ancien président américain Donald Trump, qui avait accusé l’Institut de virologie de Wuhan d’avoir laissé s’échapper le coronavirus, volontairement ou non. Elle était également très sérieusement envisagée par plusieurs scientifiques. En effet, les laboratoires de l’Institut de virologie de Wuhan détiennent, dans leur collection, la plus grande d’Asie, 1 500 spécimens de souches virales différentes recueillies dans la nature, et sont notamment spécialisés dans les virus de chauve-souris. (...)

Sur l’hypothèse des produits surgelés

Pékin a plusieurs fois évoqué la thèse que le coronavirus aurait pu être importé en Chine via des aliments surgelés. Le responsable des situations d’urgence à l’OMS, Mike Ryan, a estimé qu’il n’y a "pas de preuve que des aliments ou la chaîne alimentaire participent à la transmission" du virus. Mais en Chine, son équipe semble avoir accordé un certain crédit à cette thèse.

D’après le chef de la partie chinoise de la mission, Liang Wannian, le coronavirus peut voyager sur de grandes distances à la surface de produits froids, et l’analyse d’échantillons du marché de Huanan, qui vendait des animaux sauvages et des fruits de mer surgelés, a montré une "contamination généralisée" au Covid-19.

Le chef de l’équipe de l’OMS, Peter Ben Embarek, a néanmoins prévenu qu’on ignorait pour l’instant si le coronavirus pouvait se transmettre aux humains par la chaîne du froid. "Il serait intéressant d’examiner si un animal sauvage congelé qui a été infecté a pu être un vecteur potentiel", s’est-il interrogé.
Sur la date d’apparition du virus

Pékin a demandé avec insistance à l’OMS d’enquêter sur une éventuelle origine américaine de l’épidémie. La Chine a également diffusé des études suggérant que le Covid-19 serait apparu fin 2019 en Italie et dans d’autres pays. Mais la virologue néerlandaise Marion Koopmans a jugé que ces études "ne fournissent aucune preuve d’une circulation antérieure" à décembre 2019 du virus hors de Chine. (...)

Pourtant, des chercheurs français de l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) affirment que le virus circulait en France dès novembre 2019.