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Groupe des Nations Unies pour le Développement Durable (GNUDD)
Côte d’Ivoire : Protéger les forêts sacrées, pour la population et pour la planète
#CoteDIvoire #forets #biodiversite
Article mis en ligne le 2 janvier 2023
dernière modification le 1er janvier 2023

(...) En Côte d’Ivoire, l’ONU concourt à la préservation et à la gestion durable de l’une des richesses naturelles les plus précieuses du pays : les "forêts sacrées". (...)

La Côte d’Ivoire est un pays très riche en biodiversité, notamment grâce à ses forêts, qui abritent une diversité biologique exceptionnelle. Mais ces forêts se dégradent à un rythme sans précédent et beaucoup d’entre elles ont déjà disparu. Selon un rapport publié en 2021 par le Centre mondial de surveillance de la conservation de la nature du PNUE (PNUE-WCMC) en collaboration avec le Programme ONU-REDD et l’initiative CocoaSoils, le couvert forestier du pays est aujourd’hui inférieur à 9 %, contre 15 % au milieu des années 1980.

Les causes en sont multiples : empiètement des terres agricoles sur les forêts, exploitation des arbres pour la production de bois, surveillance rendue difficile par la présence d’orpailleurs parfois armés et braconnage de la faune et de la flore sauvages. Le conflit qui a secoué le pays dans les années 2000 et 2010 n’a fait qu’aggraver la pression exercée sur les forêts du pays, selon l’Évaluation environnementale post-conflit réalisée par le PNUE. (...)

Le département de Biankouma, dans l’ouest ivoirien, est riche en forêts dites "sacrées". La Côte d’Ivoire en compte plus de 6.700. Ces forêts participent à la construction identitaire des habitants des villages alentours et à la structuration de leur vie rituelle : elles sont considérées comme des temples sacrés où vit l’âme d’ancêtres protecteurs.

De ce fait, elles ont longtemps été protégées et les espèces vivantes qu’elles abritent longtemps préservées. Aujourd’hui, les forêts sacrées sont elles aussi menacées.

Aussi, l’UNESCO et le PNUD ont-ils engagé un travail conjoint avec le Gouvernement ivoirien pour aider les populations rurales du département de Biankouma à protéger leurs forêts sacrées, à préserver les richesses botaniques dont elles regorgent, à en valoriser le patrimoine auprès des jeunes et à prévenir les affrontements communautaires qui éclatent régulièrement du fait de leur profanation.
"Forêts sacrées" : préserver le patrimoine, transmettre les savoirs ancestraux et autonomiser les femmes et les jeunes

Ainsi, dans les localités de Gbombelo, Dio, Gboné, Gandi et Biankouma, les deux organismes onusiens ont aidé à réaliser un inventaire des fonctionnalités et des espèces végétales existantes. (...)

"Ces connaissances ont été restituées aux jeunes générations ; ceci pour leur permettre de mieux connaître les différentes fonctions et rôles de ces forêts, leur géolocalisation et leur délimitation, de même que la richesse de leurs essences végétales" (...)

"L’UNESCO et le PNUD nous ont également aidés à reconstituer le couvert et les écosystèmes de 11 forêts sacrées du département qui avaient été dégradées par l’exploitation agricole et l’orpaillage clandestin, ainsi qu’à créer un comité local de protection et de gestion des forêts sacrées", (...)

Cohésion sociale, l’autre pilier d’une gestion durable des forêts sacrées

Les communautés sont soucieuses de protéger les forêts sacrées contre toute exploitation, mais aussi, pour des raisons spirituelles, contre tout acte de profanation, qui entrainerait, dans leur système de croyances, des malédictions.

C’est pourquoi, de 2020 à 2021, afin de préserver la cohésion sociale dans le département de Biankouma, l’UNESCO et le PNUD, avec le soutien financier du Fonds des Nations Unies pour la consolidation de la paix, ont formé près de 400 jeunes et leaders communautaires, dont un grand nombre de femmes, à la prévention et à la gestion des conflits identitaires et générationnels liés à la l’exploitation et à la profanation des forêts sacrées (...)

des initiatives socioéconomiques de rapprochement intercommunautaire ont été lancées dans les domaines de l’élevage, de l’apiculture et du maraîchage afin de détourner les communautés de l’exploitation des forêts sacrées. Parallèlement, plusieurs infrastructures ont été réalisées au profit la population des 5 localités visées par le projet : moulins multifonctions, écoles primaires, foyers pour jeunes et préaux de prévention et de résolution des conflits. (...)

Les causes en sont multiples : empiètement des terres agricoles sur les forêts, exploitation des arbres pour la production de bois, surveillance rendue difficile par la présence d’orpailleurs parfois armés et braconnage de la faune et de la flore sauvages. Le conflit qui a secoué le pays dans les années 2000 et 2010 n’a fait qu’aggraver la pression exercée sur les forêts du pays, selon l’Évaluation environnementale post-conflit réalisée par le PNUE. (...)