Un rapport du Greco (Groupe d’Etat Contre la Corruption), organe dépendant du Conseil de l’Europe, dénonce vigoureusement l’influence des lobbys sur la politique d’Emmanuel Macron et le manque de transparence dans les relations entre l’Exécutif et les représentants d’intérêts
Ainsi, le Greco cite la loi « Sapin 2 » qui a soumis les représentants d’intérêts (lobbys) à un ensemble de règles déontologiques que sont : déclarer l’organisme pour lequel ils travaillent et les intérêts ou entités qu’ils représentent, s’abstenir de proposer ou de remettre des dons, des présents ou avantages quelconques d’une valeur significative entre autres sous peine d’un an de prison et de 15 000 euros d’amende.
Cependant, le Greco, dans son rapport, note des faiblesses au regard de l’objectif affiché. L’institution déplore le fait que « l’obligation déclarative repose exclusivement sur les lobbyistes » lors des contacts entre de hauts représentants de l’Etat et les lobbys. Le Greco dénonce aussi le fait que les autorités de l’Etat qui ont rencontré les lobbys ne soient pas tenues de fournir des informations sur les représentants d’intérêts qu’ils ont rencontrés dans l’exercice de leurs fonctions.
« Les lobbys sont directement contactés par les autorités publiques »
L’autre fait marquant qui pose problème est le fait que des lobbys ne se soient pas enregistrés, comme ils devraient le faire, en prenant l’initiative de solliciter un entretien avec des autorités de l’Etat. Dans plusieurs cas, note le rapport, les lobbyistes sont « directement contactés dans le cadre de consultations visant la prise de décision dans un domaine les concernant ».
Dans le rapport de 68 pages, la position du Greco est sans ambages : « le Greco recommande que les personnes exerçant de hautes fonctions de l’exécutif soient tenues de faire rapport publiquement et à intervalles réguliers des représentants d’intérêts rencontrés et des thématiques discutés, que tous les représentants d’intérêts qui s’entretiennent avec un responsable public (plus particulièrement les personnes exerçant de hautes fonctions de l’exécutif) qu’ils aient eux-mêmes sollicité l’entretien ou non, aient l’obligation de s’inscrire sur le registre des représentants d’intérêts ». (...)