(...) Le coronavirus COVID-19 est-il vraiment dangereux
Oui, ceux qui pensent que l’infection à COVID-19 est moins préoccupante que la grippe saisonnière se trompent : voici le taux de mortalité comparé entre ces deux maladies : (...)
il reste des incertitudes, mais que le COVID-19 sera sans doute environ dix fois plus mortel que le virus de la grippe, qui est lui même heureusement peu mortel ! (sauf chez les vieillards) : un décès prouvé pour 10.000 malades de la grippe en moyenne. Chez les sujets jeunes et sans facteurs de risque, la mortalité du COVID-19 devrait tourner autour de 1 mort pour 1000 sujets infectés, soit dix fois plus que la grippe.
Par ailleurs, le graphique ci-dessous montre que le taux de mortalité par malade en Chine diminue régulièrement, essentiellement parce que l’on découvre plus de malades infectés qu’on ne le pensait initialement, mais aussi parce que les médecins chinois progressent en efficacité dans la prise en charge des cas graves. (...)
La maladie est-elle plus dangereuse chez les enfants ?
Non ! C’est la bonne nouvelle qui ressort des données disponibles (graphique ci-dessus). Le taux de mortalité chez l’enfant en bonne santé est infime. En revanche, l’enfant peut jouer un rôle dans la diffusion du virus (...)
Qui risque d’en mourir ?
Les principales victimes du COVID-19 sont les personnes âgées de plus de 60 ans, le risque doublant après 70 ans et quadruplant après 80 ans (premier graphique plus haut). C’est dans cette tranche d’âge que la lutte contre la contamination est vitale.
L’autre population à risque est constituée par les sujets souffrant de maladies bronchiques ou pulmonaires chroniques, ou de déficits immunitaires. Les sujets atteints de diabète, d’hypertension ou de problèmes cardiaques sont également vulnérables (...)
Quels sont les symptômes de la maladie due au COVID-19 ?
De nombreux sujets ne ressentent aucun symptôme ou très peu, c’est le cas notamment des enfants. Lorsqu’ils existent, les symptômes de l’infection à COVID-19 sont proches de ceux de la grippe. Heureusement, l’épidémie de grippe s’éteint progressivement ce qui diminuera le risque de confusion. (...)
La période d’incubation du COVID-19 est très variable. (...)
Il ne faut surtout pas se rendre aux urgences, ni chez votre médecin généraliste, pour deux raisons :
– Si vous n’avez pas le coronavirus, la salle d’attente des urgences et de votre médecin sont les lieux où vous avez le plus de risque de l’attraper !
– Si vous êtes infecté par le coronavirus, vous risquez de contaminer d’autres personnes fragiles.
Il est préférable de commencer par téléphoner à votre généraliste si vos symptômes sont modérés, ou directement au SAMU (composez le 15 sur votre téléphone) si vous vous sentez mal, notamment si avez du mal à respirer. Pour les sourds et malentendant, il existe un numéro spécifique, le 114.
De nombreux médecins proposent désormais des téléconsultations, ce qui paraît la meilleure solution pour les formes de gravité modérée.
Existe-t-il un traitement ?
Pour l’instant, aucun traitement n’a fait la preuve de son efficacité contre le virus. (...)
Si le virus continue à circuler dans le monde tous les ans, il sera en effet quasiment impossible d’y échapper, sauf à vivre en ermite dans une forêt ! En revanche, il faut éviter de saturer les hôpitaux dont la capacité de prise en charge des malades est limitée. Plus l’épidémie sera étalée dans le temps, plus notre système de santé pourra y faire face et moins vous aurez de risque de mourir en cas d’infection.
À ce jour, rien ne prouve que l’épidémie sera durable. L’épidémie chinoise est en train de se terminer, avec un nombre infime de morts par rapport à sa population (2 morts par million de chinois). (...)
La question est de savoir si ce résultat surprenant est dû à un phénomène naturel ou au confinement autoritaire des populations exposées, confinement irréalisable en France.
Comment est-on contaminé ?
Les deux modes de contamination connus sont l’inhalation de gouttelettes d’eau émises par la toux des malades, et la transmission par contact. Le contact peut être direct, entre un malade et un sujet sain, ou indirect, pas l’intermédiaire d’un objet contaminé : poignée de porte, monnaie, carte de crédit, barre de métro, clavier etc. Le virus peut survivre plusieurs heures sur un objet, voire plusieurs jour, et il survit d’autant plus longtemps que l’air ou le support sont humides. Le virus ne traverse pas la peau, mais l’infection survient lorsque la main contaminée est mise au contact de la bouche, du nez ou des yeux. La protection repose donc sur le filtrage de l’air inspiré, et sur la désinfection soigneuse et régulière des mains. (...)
Comment se protéger de la contamination par voie respiratoire ? (...)
les gouttelettes d’eau porteuse du virus sont trop peu nombreuses car diluées dans l’air, et surtout elles retombent rapidement au sol. Il paraît donc sans danger de "prendre l’air" en se promenant dans la rue, à condition qu’elle ne soit pas bondée.
Aucun des différents masques disponibles n’a prouvé son intérêt pour éviter la contamination aérienne dans la vie courante, mais on n’a pas prouvé non plus qu’ils ne servaient à rien ! Ces masques sont surtout destinés à protéger les gens qui soignent les malades ou qui les prennent en charge. (...)
D’une façon générale, limiter les contacts, et ne pas se tenir contre les gens, notamment si ils toussent, constituent de bonnes mesures de protection contre la contamination par les voies respiratoires.
C’est le risque de contamination par contact qui nécessite le plus d’attention et de précautions.
Comment éviter la contamination par contact
Le principe est d’éviter de déposer des virus sur les zones du corps qui permettent sa pénétration dans l’organisme : la bouche, le nez et les yeux. Les mains étant les principales responsables de la contamination par contact, ce sont elles qu’il faut protéger et désinfecter régulièrement. (...)
Deux méthodes sont efficaces :
– Le lavage à l’eau et au savon
– La friction avec de l’alcool (éthanol) à 70°
L’alcool à 70° étant desséchant pour la peau, on lui ajoute une petite quantité de glycérine (corps gras) qui persiste après l’évaporation de l’alcool et protège la peau du dessèchement ou de l’irritation. Ce mélange porte le nom de SHA (Solution Hydro Alcoolique). (...)
En cas de pénurie, il est facile de fabriquer de la SHA (...)
Est-il judicieux de s’isoler chez soi ou à la campagne ?
Cette réaction intuitive s’appelle l’autoconfinement. Il est clair qu’elle diminue le risque de contamination, à condition bien sûr de recevoir peu de visites et de ne pas trop fréquenter les magasins. Chacun doit mettre en balance les conséquences négatives de son autoconfinement avec son risque personnel de présenter une complication en cas d’infection (voir quelles sont les personnes à risque plus haut). (...)
Combien de temps met-on à guérir ; est-on immunisé ensuite ?
Dans les cas sérieux, la guérison peut prendre plusieurs semaines. Tout dépend de la gravité initiale.
L’immunité conférée par l’infection n’est pas claire, il semble exister des mutations du virus. Il est trop tôt pour répondre à cette question.