La nouvelle a été officialisée mardi 24 mars. Selon les syndicats, la directrice, craignant la contagion, n’aurait pas voulu augmenter le nombre d’intérimaires, comme le groupe le lui demandait.
Le coronavirus a des effets inattendus. Deux cadres d’Amazon ont démissionné en fin de semaine dernière ou début de celle-ci : le directeur Europe, Roy Perticucci, et la directrice du site de Saran, Ana Fernandes, arrivée voilà environ un an. Celle-ci qui, selon la direction, est partie pour des "raisons personnelles et familiales", sera remplacée par Raphael Delrue, qui était auparavant au centre de distribution d’Amazon à Montélimar.
Selon Jean-François Bérot, de Solidaires Loiret, Ana Fernandes aurait refusé d’intégrer les intérimaires supplémentaires, contrairement à ce que souhaitait le groupe américain, confronté à un afflux de commandes, conséquence du confinement.
Un refus qui aurait été motivé par la peur de voir les risques de propagation du virus s’accroître et la crainte, peut-être, de voir sa responsabilité pénale engagée en cas de maladie. (...)
Les syndicats avaient appelé à un débrayage, mercredi 17 mars, contre, notamment, l’augmentation des effectifs. Ils ont déposé un dossier de danger grave et imminent, demandant la fermeture du site. Et, selon Jean-François Bérot, près de la moitié des salariés seraient absents, ce 24 mars, pour une raison ou une autre.
Des mesures de sécurité "encore insuffisantes"
Les salariés mécontents dénoncent la promiscuité importante des salariés (1.700 CDI et plusieurs centaines d’intérimaires), le fait que beaucoup soient obligés d’emprunter les transports en commun, le manque de gants et de gel... (...)
Lire aussi :
Deux directeurs d’Amazon démissionnent mais les sites restent ouverts
Le directeur Amazon Europe, Roy Perticucci, et la directrice du site de Saran (Loiret), Ana Fernandes, ont démissionné de leurs postes, selon Jean-François Bérot, délégué de Solidaires du site de Saran. Un effet de la lutte menée dans les différents sites d’Amazon en France ou à l’étranger ? Possible.
Depuis l’annonce du confinement en France, des débrayages et des droits de retrait ont eu lieu sur les cinq sites Amazon de France. Ils ont permis d’alerter les directions à propos des conditions sanitaires déplorables dans lesquels les salariés ont exercé leur activité durant les premiers jours de confinement et d’exiger une réduction massive des effectifs sur site, voire leur fermeture. « Le rôle des directeurs de site, pris en étau entre les aspirations des salariés et les ordres des patrons, ç’a été de promettre des améliorations sur le plan sanitaire tout en maintenant, voire en augmentant, l’activité ». Sur le site de Saran, de nombreux intérimaires ont ainsi été appelés pour renforcer les effectifs, selon les vœux de la direction d’Amazon. Or la directrice du site, craignant la contagion, aurait refusé d’augmenter le nombre d’intérimaires, comme le groupe le lui demandait et démissionné sous la pression, raconte le syndicat.
La direction d’Amazon, jointe lundi soir par Europe 1, ne souscrit pas à cette version des faits (...)