Merci à Sud-Ouest pour nous alerter sur un nouvel étage de la construction de l’État milicien que nous dénonçons ici depuis plusieurs mois [voir ci-dessous].
Il s’agit d’un nième projet de loi s’ajoute à l’article 113 de la Loppsi (ex-37-quater du projet de loi).
Nous avons ainsi pu dénoncer, début avril, un autre projet de loi, permettant le recours à la mobilisation de citoyens, comme en temps de guerre, en cas de “crise majeure”. Dans leur argumentaire les sénateurs qui proposent celle-ci évoquent Fukushima, comme exemple d’une situation qui mériterait une telle mesure d’exception. Leur texte est néanmoins assez vague pour qu’y compris en cas de crise politique ou sociale le premier ministre puisse mobiliser autant de citoyens qu’il le souhaite – et ce aux frais de leur employeur qui maintiendrait leur salaire au titre d’un “mécénat patriotique” dont les modalités restent à définir dans la loi des finances.
Tous ces textes convergent pour mettre en œuvre ces milices voulues par le « livre blanc de la défense et de la sécurité intérieure » présenté par Sarkozy en juin 2008, où déjà figurait cette notion de “crise majeure”.
La LDH-Toulon – dont le travail est toujours admirable, et le site plus que recommandable – a récapitulé les étapes de cette construction qui trouve son origine dès la suppression du service militaire, en 2001 : (...)
Nous avons là, découpé en de multiples morceaux adoptés séparément, un projet parfaitement cohérent pour instaurer en France un système de milices bien plus performant que ne pouvaient l’être celles organisées par l’État fasciste du maréchal Pétain pendant la guerre.
La sophistication de ce système laisse pantois.
Le plus grave dans cette affaire, c’est qu’elle n’a pas été dénoncée par la gauche institutionnelle jusque-là. (...)
’il est aujourd’hui absolument nécessaire que l’ensemble de ces dispositions soient abrogées pur et simplement en cas de changement de majorité. Toute alternance qui ne prendrait pas en compte une telle revendication serait une pure moquerie.
De même qu’il importe que soient abrogées l’ensemble des lois racistes et sécuritaires depuis dix ans – en remontant à la LSQ, adoptée sous le gouvernement Jospin par une majorité de gauche... (...)
L’appel à la Résistance lancé par le CNR-Midi Pyrénées pendant le combat contre la Loppsi n’est pas une simple formule. Loin de là. Contre un État qui se munit de moyens aussi illégitimes pour imposer une politique aussi attentatoire aux droits humains, c’est un soulèvement généralisé des consciences qu’il faudrait.
D’urgence.(...)
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