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"Ce n’était que du cinéma" : les syndicats racontent deux ans de "concertation" sur la réforme des retraites
Article mis en ligne le 8 janvier 2020

Interrogés par franceinfo, la plupart des syndicats estiment s’être heurtés à un "mur" lors des discussions sur la réforme des retraites, qui ont débuté au printemps 2018.

Un écran de fumée ? Le 9 décembre 2019, l’ex-haut-commissaire aux retraites Jean-Paul Delevoye dressait un bilan plutôt flatteur de deux années d’échange sur la réforme des retraites. Et se félicitait des "50 réunions" qui s’étaient tenues avec les syndicats, sans compter "130 réunions avec les différentes professions" , pour élaborer le futur "système universel" à points voulu par l’exécutif. (...)

Une satisfaction qui, aujourd’hui, tranche avec la durée d’un conflit social qui s’éternise. Mardi 7 janvier 2020, la grève contre la réforme des retraites à la SNCF est entrée dans son 33e jour, battant ainsi largement le record du conflit social de l’hiver 1986-1987, qui avait duré 28 jours. La CGT, FO, FSU, CFE-CGC et Solidaires appellent à une nouvelle grève interprofessionnelle, jeudi 9 janvier, et à une nouvelle manifestation, samedi 11 janvier. Les rencontres gouvernement-syndicats reprennent ce mardi 7 janvier. Pour un même résultat ?
"Donner le sentiment qu’il y avait concertation"

Interrogés, la plupart des syndicats disent s’être heurtés à un mur depuis le début des discussions, au printemps 2018. "Nous avons expliqué en quoi le système à points n’était pas une bonne idée, mais en vain", explique le secrétaire général de FO, Yves Veyrier, qui a participé à des rencontres "bilatérales" avec l’équipe Delevoye. "Les 18 mois de ’concertation’, c’était pour changer les virgules et les points" dans le texte du projet, abonde Fabrice Michaud, secrétaire général de la CGT Transports.

"A l’arrivée, le projet Delevoye est quasiment à 100% le texte d’origine. (...)

les dirigeants de la CGC se disent interloqués par l’absence de tout chiffrage donné par le gouvernement sur le passage d’un système à l’autre. Dans le futur système, les cadres ne pourront cotiser pour leur retraite qu’à hauteur de 10 000 euros bruts mensuels, contre 27 000 euros actuellement. "Réduire les cotisations retraites de 8 à 3 plafonds de Sécurité sociale, ça occasionne un manque à gagner de 65 milliards sur une vingtaine d’années. Comment on va les compenser ?" interroge Pierre Roger.

Et le syndicaliste d’égrener : "On a demandé à l’équipe Delevoye et au gouvernement comment ils allaient compenser ce trou : pas de réponse. C’était pareil pour le reste. On les interrogeait : ’Quelles avancées sur la retraite progressive ?’ Pas de réponse. ’Est-ce qu’on peut discuter des critères de pénibilité ?’ Pas de réponse. On nous disait : ’On verra plus tard.’ Ça donnait le sentiment que les sujets étaient vus. Mais pas du tout. C’était frustrant." (...)

"La réforme en Conseil des ministres le 22 janvier"

Qu’attendre des nouvelles rencontres qui débutent mardi entre les syndicats et le gouvernement, sommé par Emmanuel Macron de trouver un "compromis rapide" ? La CGC se le demande. "Je ne sais pas de quoi on va parler. De toute façon, le champ des négociations est restreint puisque le projet sur la réforme des retraites passe en Conseil des ministres pendant la semaine du 20 janvier. Je ne vois pas comment avoir un calendrier où l’on pourra discuter des points techniques", observe Pierre Roger. Avant d’asséner : "Je n’ai jamais vu ça." (...)

Du côté de la CGC, François Hommeril dit "n’attendre plus rien" des négociations qui reprennent mardi, ni de "ce gouvernement qui est parti dans une vaste manœuvre de manipulation de l’opinion. La seule motivation, c’est de faire baisser, en tendance et sur le long terme, la retraite par répartition."