
Une instruction gouvernementale du 25 janvier 2018 définit un cadre d’action renouvelé afin théoriquement : « de donner une nouvelle impulsion à la politique de résorption des
campements illicites et bidonvilles, une politique à la fois humaine et exigeante quant au
respect du droit et de la loi. »
La Préfecture de Gironde ne semble pas disposée à la mettre en œuvre de façon humaine. Le 31 juillet à Bègles, un campement de personnes albanaises et kosovares en procédure d’asile, et de personnes bulgares ont été expulsées par la Force de leur lieu de survie.
Nous dénonçons le traitement indigne et honteux des personnes, incluant familles et enfants, notamment :
– Une expulsion extrêmement coûteuse pour l’Etat, inutile et contre-productive car
aucune solution même provisoire, n’est trouvée avec les personnes, qui doivent
retrouver avec leurs enfants, un nouveau lieu d’habitat insalubre et indigne.
– La plupart des personnes expulsées du campement dorme depuis sur le parking du
centre commercial voisin, bébés et femmes enceintes y compris.
– Une expulsion réalisée sans diagnostic social préalable, alors que plus de la moitié
d’entre eux ne sont pas en séjour illégal mais au début de leur procédure d’asile ou
ressortissants européens en séjour régulier.
– Une expulsion d’un campement illégal qui met en lumière la défaillance de l’Etat dans
le respect du droit inconditionnel à l’hébergement et dans l’accueil des demandeurs
d’asile : voilà ce que les forces de l’ordre se donnent déjà le droit de faire juste après
le vote au Parlement d’une loi indigne réduisant toujours plus les conditions d’accès
du droit d’asile en France.
– Malgré le communiqué de la Préfecture, les récits et les vidéos montrent la destruction
des caravanes, abris de fortune, AVEC leurs affaires personnelles, leurs papiers
d’identité… même les biberons n’ont pas pu être récupérés : cette expulsion n’a pour
seul objectif que d’être humiliante. Les personnes ont vu leur caravane et leurs
quelques maigres biens être détruits devant eux, devant leurs enfants, quelle violence
pour des enfants, camarades de classe de nos enfants !
Nous dénonçons le recours à ces expulsions qui rendent malades, notamment par :
– le manque d’accès à l’eau : à la veille d’une alerte canicule, les personnes restent sans
accès à l’eau potable ou à des sanitaires.
– l’indignité de traitement : par le fait de les pousser, expulsions après expulsions, dans
des situations d’extrême vulnérabilité et précarité. Ces expulsions visent à rendre ces
personnes invisibles à les reléguer hors de l’espace urbain dans le plus total
dénuement.