Des flèches contre la déforestation. Dans l’état du Rondônia, dans l’ouest de l’Amazonie brésilienne, la couverture forestière a diminué de 50% au cours des dernières décennies, pour laisser place à des centaines de kilomètres de pâturages barbelés d’un élevage destiné à l’exportation.
(...) Les rares zones encore vertes sont les forêts protégées qui correspondent aux « réserves indigènes » comme celle des Uru Eu Wau Wau, peuple dont le « premier contact » avec le monde extérieur ne date que de 1981, et qui a failli disparaître, décimé par les attaques et les maladies. (...)
Aujourd’hui ils sont 120, répartis en six villages aux abords immédiats de la gigantesque réserve de près de 2 millions d’hectares sur laquelle ils veillent. Et s’ils comprennent très bien les enjeux climatiques globaux liés à la déforestation de l’Amazonie, pour eux le problème est beaucoup plus immédiat : le panneau à l’entrée de leur territoire a été criblé de balles.
Alors ils ne cessent de patrouiller, avec leurs seuls arcs et flèches, pour prévenir les assauts incessants de ceux qui veulent accaparer leurs terres.