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Marie-Claude Saliceti
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Berlusconi est mort mais le cauchemar de son héritage demeure !…
#Berlusconi #extremedroite #fascisme #Italie
Article mis en ligne le 18 juin 2023

Malheureusement, la fin de Berlusconi ne signifie pas la fin du modèle de politique (bourgeoise) qu’il a inventé et mis en œuvre. Pourquoi ? Mais, parce que Berlusconi a réussi à faire école en façonnant tout une « génération » de politiciens d’extrême droite très néolibéraux et hyper-réactionnaires qui gouvernent déjà ou menacent de gouverner près de la moitié de l’humanité, tout en flirtant avec le fascisme quand ils ne se déclarent pas eux-mêmes fascistes.

Et, bien sûr, cet « exploit » de Berlusconi suffit à justifier l’affirmation de nombre de ses actuels panégyristes selon laquelle il a « marqué l’histoire de son pays et de son époque ». Seulement, ils oublient d’ajouter que Berlusconi « a marqué son pays et son époque » comme l’avait fait avant lui son compatriote… Benito Mussolini, avec lequel, d’ailleurs, Silvio aimait à être comparé de préférence quand il prenait les rênes du gouvernement italien après ses triomphes électoraux de 1994, 2001 et 2008… (...)

Mais Berlusconi ne s’est pas limité à cette « collaboration » systématique avec les enfants spirituels de Mussolini. Il a fait quelque chose de bien plus important et de terriblement dangereux : il a changé l’Italie de manière si radicale qu’il a rendu tout un pays et sa société, l’Italie, méconnaissables. Comme nous l’avons écrit en septembre dernier, en commentant les élections italiennes qui ont vu le triomphe de Meloni, « le berlusconisme, ce mélange de cynisme néolibéral, de vulgarité de nouveau riche, de racisme et d’extrême sexisme agressif, et d’un amoralisme décomplexé, a fait et continue de faire des ravages car il a pris racine dans la société italienne et coule désormais dans ses veines. »

Malheureusement, la fin de Berlusconi ne signifie pas la fin du modèle de politique (bourgeoise) qu’il a inventé et mis en œuvre. Pourquoi ? Mais, parce que Berlusconi a réussi à faire école en façonnant tout une « génération » de politiciens d’extrême droite très néolibéraux et hyper-réactionnaires qui gouvernent déjà ou menacent de gouverner près de la moitié de l’humanité, tout en flirtant avec le fascisme quand ils ne se déclarent pas eux-mêmes fascistes. Et, bien sûr, cet « exploit » de Berlusconi suffit à justifier l’affirmation de nombre de ses actuels panégyristes selon laquelle il a « marqué l’histoire de son pays et de son époque ». Seulement, ils oublient d’ajouter que Berlusconi « a marqué son pays et son époque » comme l’avait fait avant lui son compatriote… Benito Mussolini, avec lequel, d’ailleurs, Silvio aimait à être comparé de préférence quand il prenait les rênes du gouvernement italien après ses triomphes électoraux de 1994, 2001 et 2008…

Simple vantardise d’un fanfaron invétéré ayant un penchant pour les grands mots sans impact pratique ? Certainement pas, si l’on se souvient non seulement que l’actuelle Première ministre « post-fasciste » de l’Italie, Giorgia Meloni, est sa création personnelle, mais aussi que Berlusconi a veillé, dès le premier jour de sa carrière politique, à ce que les épigones de Mussolini sortent de leur quarantaine de l’après-guerre, d’abord en faisant de leur chef Gianfranco Fini le vice-président de ses gouvernements, puis en fusionnant son parti avec celui des fascistes de Fini !

Mais Berlusconi ne s’est pas limité à cette « collaboration » systématique avec les enfants spirituels de Mussolini. Il a fait quelque chose de bien plus important et de terriblement dangereux : il a changé l’Italie de manière si radicale qu’il a rendu tout un pays et sa société, l’Italie, méconnaissables. Comme nous l’avons écrit en septembre dernier, en commentant les élections italiennes qui ont vu le triomphe de Meloni, « le berlusconisme, ce mélange de cynisme néolibéral, de vulgarité de nouveau riche, de racisme et d’extrême sexisme agressif, et d’un amoralisme décomplexé, a fait et continue de faire des ravages car il a pris racine dans la société italienne et coule désormais dans ses veines. » [1].

Mais l’importance historique et l’extrême dangerosité de Berlusconi résident surtout dans le fait qu’il n’a pas limité l’impact de son action à son propre pays, mais qu’il lui a consciemment donné une dimension internationale. De même que, dans les années 1980, Thatcher a initié et « légitimé » par son exemple les politiques néolibérales qui ont ensuite été mises en œuvre par d’innombrables imitateurs dans le monde entier, de même Berlusconi, à la fin du XXe siècle et au début du XXIe siècle, a « inventé », initié et « légitimé » avec son exemple (victorieux) des politiques – mais aussi des comportements – violemment anti-ouvrières et en même temps ultra-réactionnaires et obscurantistes qui auraient été impensables avant lui, mais qui sont maintenant mises en œuvre par des dizaines de ses imitateurs, petits et grands, dans le monde entier ! En fait, la diffusion du modèle politique berlusconien est aujourd’hui si étendue et son enracinement même dans les métropoles du capitalisme international si évident qu’on peut dire qu’il constitue la menace politique la plus grande et la plus immédiate pour l’humanité. (...)