Dans un entretien au « Parisien », le DGPN revient sur le placement en détention d’un policier de la brigade anticriminalité à Marseille, qui suscite la colère de ses collègues. Des propos qui font réagir dans les rangs de la gauche.
« Le savoir en prison m’empêche de dormir », assure Frédéric Veaux. Dans un entretien au Parisien publié dimanche 23 juillet, le directeur général de la police nationale (DGPN) a exprimé son soutien au fonctionnaire de police placé en détention provisoire à Marseille après sa mise en examen, ainsi que trois de ses collègues de la brigade anticriminalité (BAC), pour « violences en réunion par personne dépositaire de l’autorité publique avec usage ou menace d’une arme ». Ils sont soupçonnés d’avoir roué de coups un homme de 21 ans dans la nuit du 1er au 2 juillet, au moment où la ville était en proie aux violentes émeutes qui avaient suivi la mort de Nahel M. (...)
Soutien de Laurent Nuñez, indignation à gauche
« Je partage les propos du DGPN », a tweeté le préfet de police de Paris, Laurent Nuñez, ancien préfet de police de Bouches-de-Rhône.
Les propos du patron de la police ont, eux, suscité l’indignation dans les rangs de la Nupes. « Alors ? Darmanin, Macron et “l’arc républicain” refusent d’appeler la police au calme et au respect de la loi ? Donc ils les encouragent à “faire la guerre” aux “nuisibles” ? Écœurant. L’État ridiculisé », a tweeté Jean-Luc Mélenchon, leader des « insoumis ».
« Gravissime, toute la hiérarchie policière se place au-dessus de la justice & des règles de la détention provisoire et le ministre de l’Interieur est en arrêt maladie ! Ce qui se joue là, c’est la démocratie et le respect de l’Etat de droit. Le parlement doit être réuni en urgence », a demandé Olivier Faure, premier secrétaire du Parti socialiste.
« L’indépendance de la justice, son autorité républicaine sur tous − y compris les policiers − sont remises en cause par un quarteron de chefs de la Police dans une opération coordonnée qui marque un précédent grave. Le silence du gouvernement marque-t-il sa complicité ? », s’interroge le député écologiste Benjamin Lucas.
« La goutte d’eau qui fait déborder le vase »
Les syndicats de policiers fustigent depuis vendredi le placement en détention provisoire de l’un des leurs (...)
Soutien de Laurent Nuñez, indignation à gauche
« Je partage les propos du DGPN », a tweeté le préfet de police de Paris, Laurent Nuñez, ancien préfet de police de Bouches-de-Rhône.
Les propos du patron de la police ont, eux, suscité l’indignation dans les rangs de la Nupes. « Alors ? Darmanin, Macron et “l’arc républicain” refusent d’appeler la police au calme et au respect de la loi ? Donc ils les encouragent à “faire la guerre” aux “nuisibles” ? Écœurant. L’État ridiculisé », a tweeté Jean-Luc Mélenchon, leader des « insoumis ».
« Gravissime, toute la hiérarchie policière se place au-dessus de la justice & des règles de la détention provisoire et le ministre de l’Interieur est en arrêt maladie ! Ce qui se joue là, c’est la démocratie et le respect de l’Etat de droit. Le parlement doit être réuni en urgence », a demandé Olivier Faure, premier secrétaire du Parti socialiste.
« L’indépendance de la justice, son autorité républicaine sur tous − y compris les policiers − sont remises en cause par un quarteron de chefs de la Police dans une opération coordonnée qui marque un précédent grave. Le silence du gouvernement marque-t-il sa complicité ? », s’interroge le député écologiste Benjamin Lucas.
« La goutte d’eau qui fait déborder le vase »
Les syndicats de policiers fustigent depuis vendredi le placement en détention provisoire de l’un des leurs (...)
Jusqu’à présent, l’Inspection générale de la police nationale (IGPN) s’est saisie d’au moins 21 enquêtes, « de nature et de gravité très différentes », sur les agissements des forces de l’ordre lors des manifestations et violences ayant suivi la mort de Nahel M., avait affirmé le 12 juillet la cheffe de l’IGPN, Agnès Thibault-Lecuivre. Plusieurs enquêtes judiciaires sont également en cours. A Marseille notamment, une autre enquête porte sur la mort d’un jeune homme de 27 ans, probablement après un « choc violent au niveau du thorax » causé par un projectile de « type Flash-Ball », au cours de la même nuit du 1er au 2 juillet.
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(...) C’est donc une opération concertée. Les numéros 1 et 2 de la police française valident la sédition policière en cours. C’est un coup d’État symbolique qui viole ouvertement la séparation des pouvoirs, intimide la justice et appelle, de fait, à des mesures dictatoriales, instaurant officiellement la police comme étant un corps autonome et hors du droit.
Soit Macron et Darmanin sont au courant et valident, et c’est un bond vers un État policier et une dictature. Soit ils sont dépassés par les fascistes qu’ils dirigent et se taisent car ils sont terrorisés. Dans les deux cas c’est d’une gravité sans nom.
En quelques semaines, nous avons subi coup sur coup le 49-3, la répression sanglante du mouvement pour les retraites, Sainte-Soline, l’antiterrorisme contre le mouvement écolo, la dissolution des Soulèvements de la Terre. Puis l’exécution de Nahel suivie d’une répression militarisée des banlieue, avec un mort, plusieurs comas et des mutilations. Et maintenant ça.
La constitution immédiate d’un front large, antifasciste, puissant, à même de stopper l’engrenage infernal est une urgence absolue.
– (Le Monde/AFP)
Blessé par un tir de LBD à Paris, un jeune est victime d’un traumatisme crânien, l’enquête est confiée à l’IGPN
Les faits se sont déroulés dans le 19ᵉ arrondissement de la capitale le 30 juin, dans le contexte des émeutes ayant suivi la mort de Nahel M. L’enquête est ouverte pour violences volontaires commises par personne dépositaire de l’autorité publique avec arme. (...)
Une « grosse vingtaine » de procédures confiées à l’IGPN
Les investigations ont été confiées à l’Inspection générale de la police nationale (IGPN) le 17 juillet, pour violences volontaires commises par personne dépositaire de l’autorité publique avec arme, dans la nuit du 29 au 30 juin, a affirmé le parquet de Paris, contacté par l’AFP. (...)
La cheffe de l’IGPN, Agnès Thibault-Lecuivre, avait déclaré, le 12 juillet devant la commission des lois de l’Assemblée nationale, que son service avait été saisi de 21 enquêtes « de nature et de gravité très différentes » sur les agissements des forces de l’ordre lors de ces manifestations et émeutes.
Depuis le 12 juillet, ce chiffre a évolué avec désormais une « grosse vingtaine » de procédures confiées à l’IGPN, a confié à l’AFP une source proche du dossier.