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Marie-Claude Saliceti
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Greenpeace
Automobiles : la transition écologique au point mort
Article mis en ligne le 25 mai 2020
dernière modification le 24 mai 2020

A l’heure actuelle, le secteur automobile n’est pas en cohérence avec le défi climatique, et la crise qu’il traverse actuellement doit être l’occasion d’une remise à plat. Il est temps de mettre la transition écologique au cœur de la relance, mais ce n’est pas ce qui se profile.

Après Air France, c’est au tour de l’entreprise Renault d’obtenir une aide publique : un prêt garanti par l’Etat français à hauteur de cinq milliards d’euros. Est-ce que l’Etat y a assorti des conditions écologiques contraignantes ? Non.

Relocaliser, oui, mais pas pour produire toujours plus de voitures

En France, le secteur des transports est responsable de 29% des émissions de gaz à effet de serre (GES). Parmi ces transports, ce sont les voitures individuelles qui émettent le plus de GES (52%). Si nous souhaitons relever le défi climatique, un des enjeux les plus importants est donc bien la réduction du trafic routier. Sauf que dans ses dernières déclarations, Bruno Le Maire n’a aucunement fait mention de la révision du modèle économique de cette industrie. Relocaliser la production en France ou en Europe et poursuivre la production effrénée de voitures, ce n’est pas une condition écologique suffisante. (...)

SUV, Super Useless Vehicles

En Europe, les ventes de SUV ont bondi de 8% en 2008 à 32% en 2018. En France, ces modèles représentent désormais 40% des ventes des concessionnaires. Les entreprises automobiles misent énormément sur ces 4×4 urbains pour leur développement commercial. Ils sont pourtant plus lourds, plus consommateurs en carburant, donc plus polluants et dangereux pour le climat. C’est une aberration de continuer à produire toujours plus de ces modèles alors que cela va à rebours de l’histoire.

Lors du vote de la LOM l’été dernier, un amendement visant à interdire les publicités pour les SUV a été rejeté par le gouvernement. Cette ligne de conduite se poursuit (...)

Les véhicules électriques ne sont pas la solution miracle (...)

La priorité doit être de mener une réflexion globale sur la place de la voiture (thermique et électrique). La voiture électrique n’est pas la solution miracle pour développer une mobilité durable. Si une voiture électrique impacte deux fois moins le climat que son équivalent essence sur l’ensemble de son cycle de vie, elle émet néanmoins des gaz à effet de serre aux différentes étapes de sa production, en plus d’impacter des écosystèmes lors de l’extraction des minerais permettant de produire les batteries.

La diminution du nombre de véhicules en circulation, la baisse des distances parcourues et le transfert vers d’autres modes de déplacement sont indispensables pour atteindre les objectifs de neutralité carbone tout en préservant l’environnement et faire face à la rareté des ressources minérales nécessaires à la production des batteries. (...)

Sur les transports, l’Etat file un mauvais coton (...)

Quid des emplois ? (...)